Sandrine Rousseau confronte Sandrine Rousseau, l’étrange méthode d’un parti pro-ruralisme pour s’opposer à EELV

Les électeurs du IXe arrondissement de Paris auront le choix, lors des élections législatives (12 et 19 juin), de treize candidats au premier tour, dont deux Sandrine Rousseau. L’une est candidate de la Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale (Nupes), pilier d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV), l’autre est une nouvelle venue en politique, assistante maternelle vivant en Normandie, investie par Le Mouvement Ruralité (MRL ). , anciennement connu sous le nom de Chasse, Pêche, Nature et Traditions (CPNT).

Un au hasard ? Non. Il s’agit d’un parachutage orchestré par LMR dans le but avoué de contrecarrer l’écoféministe Sandrine Rousseau et, plus généralement, son parti, EELV. Cela provoque une certaine confusion. Lors de la publication de la liste des 6 293 candidats aux législatives, nombre de nos lecteurs nous ont contactés pour signaler une « erreur » dans cette circonscription parisienne. Le jour du scrutin, cependant, les bulletins seront relativement faciles à distinguer : chacun indiquera le nom de la candidate, son remplaçant, ainsi que les logos de son parti politique (Nupes et EELV d’une part ; LMR et CPNT d’autre part). autre).

Créer la confusion parmi les électeurs

L’affaire semble amuser le parti pro-ruralisme. “Sandrine Rousseau est la compagne d’un ami très engagé dans notre mouvement, Sylvain Bertois. Il est membre du mouvement, mais n’a pour l’instant aucun engagement politique. Quand j’ai su son nom, je lui ai proposé d’être candidate en lui disant qu’elle parlerait un peu. C’est énorme », lance Jérôme Juvigny, président de LMR de Cantal, derrière le parachute et désormais en charge de la communication de Mme Rousseau.

Le but est-il de semer la confusion chez les électeurs lorsqu’ils déposent leur bulletin dans l’urne ? “Nous [avec Eddie Puyjalon et Yannick Villardier, responsables LMR] il n’y a jamais pensé comme une source de confusion entre des noms qui capteraient des votes, se défend-il. C’est plutôt une façon de marquer notre différence idéologique avec l’écologie punitive ou encore l’opposition entre hommes et femmes proposée par Mme Rousseau. Pourtant, le candidat à la ruralité n’a pas encore effectué ni prévu de déplacement à Paris pour faire campagne. “Nous évaluerons la situation en fonction des demandes”, a déclaré M. Juvigny.

“Je vois ça comme une stratégie pour me faire taire”

La candidate Nupes, candidate primaire des Verts à l’investiture présidentielle, a d’abord réagi sur Twitter en disant qu’elle était “fatiguée”. Attachée au téléphone, elle explique qu’à ce stade elle n’a aucun recours contre ce parachute. “Je vois ça comme une stratégie pour me faire taire”, réagit-il. “Je suppose que je suis partisan d’une écologie radicale, dans laquelle les chasseurs n’ont pas leurs tickets dans tous les ministères. Nous avons des débats politiques sur ces questions. Là, on est loin de ça, ce sont des méthodes fascistes”, juge-t-il, citant des “pratiques poutiniennes”. Le gouvernement russe a à plusieurs reprises investi dans des candidats du même nom pour déstabiliser les opposants.

En France, le Front national a déjà investi des candidats d’un nom semblable à celui d’un concurrent. Par exemple, en 2004, lors des élections cantonales, Christophe Martin a été attaqué contre l’UMP sortant Jacques Martin à Nogent-sur-Marne, et Hervé Leroy contre l’UMP Jacques Leroy à Saint-Maur-des-Fossés. « Sans ce mépris de l’intelligence des électeurs, cela a eu de grands effets », selon le chercheur d’extrême droite Nicolas Lebourg.

Aux prochaines élections législatives, Le Mouvement de la ruralité sera également représenté par M. Jacques Lemoine, patron des fédérations de pêche d’Ile-de-France, dans le 5e arrondissement de Seine-et-Marne. La voilà candidate face à Franck Riester, candidat ministériel, et surtout Patricia Lemoine, députée suppléante et sortante, qui fut l’une des parlementaires qui ont demandé au gouvernement, en 2020, de mettre fin aux chasses “traditionnelles”. “C’était leur territoire”, raconte Jérôme Juvigny de LMR, “et puis l’opportunité se présente pour le voleur”.

Iris Derœux

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