La Russie tente de faire pression sur les alliés européens de l’Ukraine en réduisant ses exportations de gaz.
L’Allemagne prendra des mesures d’urgence pour sécuriser son approvisionnement face aux récentes baisses de l’approvisionnement en gaz de la Russie, qui incluent une utilisation accrue du charbon, a annoncé dimanche le gouvernement.
“Pour réduire la consommation de gaz, moins de gaz doit être utilisé pour produire de l’électricité. Au lieu de cela, il faudra utiliser davantage de centrales électriques au charbon”, a déclaré le ministère de l’Economie dans un communiqué.
Depuis quelques jours, la Russie ferme progressivement les vannes de son gaz à destination de l’Europe via Nord Stream 1. Moscou s’en prend aux trois pays qui étaient présents cette semaine aux côtés du président ukrainien Volodymyr Zelensky : la France, l’Italie et l’Allemagne. Ces trois pays vont devoir trouver rapidement des alternatives au gaz russe dans les prochains jours.
Cette décision est un investissement de ce gouvernement de coalition, qui accorde de l’intérêt aux Verts, et qui s’est engagé à éliminer le charbon d’ici 2030.
“C’est amer, mais c’est indispensable pour réduire la consommation de gaz”, a déclaré le ministre de l’Economie Robert Habeck dans un communiqué.
Le paquet de mesures annoncé dimanche prévoit également un système “d’enchères” pour la vente de gaz aux industriels, qui, selon Berlin, réduira la consommation du puissant secteur manufacturier allemand.
De nouveaux prêts de la banque publique KfW doivent également être réservés pour remplir les réservoirs de gaz du pays, qui sont actuellement à 56%. “La sécurité d’approvisionnement est garantie”, mais “la situation est grave”, a-t-il dit. Habeck.
Gazprom a réduit ses livraisons via Nord Stream cette semaine de 40 % puis de 33 %, invoquant un problème technique. Mais pour le gouvernement allemand, il s’agit d’une “décision politique”, destinée à peser sur l’affrontement entre Moscou et les pays occidentaux autour de la guerre d’Ukraine. Malgré le conflit, l’Allemagne importe toujours près de 35 % de son gaz de Russie. Cette proportion était de 55 % avant février.