Burkini dans les piscines grenobloises : pour Darmanin, “Eric Piolle a mis le feu au feu”

Au lendemain de la décision du tribunal administratif de Grenoble – saisi par le préfet de l’Isère à sa demande – qui a suspendu mercredi 25 mai la disposition autorisant le burkini dans les piscines municipales de la ville dirigée par l’écologiste Eric Piolle, Gérald . Darmanin salue “une victoire de la République, de la laïcité et du droit”.

Le ministre de l’Intérieur estime que, grâce à la loi anti-séparatisme votée à l’été 2021, “la République s’est protégée de quelques personnalités communautaires”.

Il n’y aura donc plus de burkini dans les piscines de Grenoble à partir du 1er juin… Êtes-vous satisfait ?

GERARD DARMANIN. C’est une victoire pour la République, la laïcité et le droit. M. Piolle a agi comme incendiaire en utilisant le communautarisme. La loi lui a rappelé qu’il a des obligations en tant qu’élu et qu’il a violé la loi. Cette loi, en l’occurrence, est la lutte contre les séparatismes, votée il y a cinq ans et voulue par Emmanuel Macron. Elle permet la “démission de la laïcité”, grâce à laquelle, en 72 heures, la République a montré qu’elle pouvait se défendre face au collectif.

Une partie de l’opposition, du leader LR Christian Jacob à Marine Le Pen au RN, réclame même une loi anti-burkini. Comment leur répondez-vous ?

Le droit à l’identité et l’extrême droite avaient tort. Ni Marine Le Pen, ni M. Ciotti, ni M. Jacob n’ont voté la loi anti-séparatisme, qui permet de sanctionner M. Piolle. Donc tu ferais mieux de t’excuser de ne pas être là.

Vous avez contesté la décision du maire de Grenoble, alors qu’à Rennes le règlement d’une piscine municipale ne s’oppose pas explicitement au burkini. Pourquoi deux poids, deux mesures ?

La loi date de l’année dernière (24 août 2021), mais le règlement de la piscine rennaise précède l’adoption de ce texte. Aussi, dans cette ville, il n’était pas question de promouvoir le burkini. Dans le cas de Grenoble, derrière la décision du conseil, il y a une association citoyenne très active, l’Alliance citoyenne, contre laquelle nous nous battons. Nous l’avons également privé de toute subvention publique. Cependant, je ferai étudier à tous les préfets les problématiques locales qui peuvent exister et, désormais, toute délibération contre la laïcité ira au contentieux administratif.

A Rennes, justement, le burkini ne touche qu’une poignée de cas. Pourquoi ce débat devrait-il être une priorité ?

La République s’est protégée contre un certain nombre de personnalités communautaires. Nous avons les arguments pour attaquer les décisions ineptes de M. Piolle sans viser la grande majorité des personnes qui exercent leur foi. C’est la provocation communautaire qui a été sanctionnée. Nous avons les armes pour nous défendre, nous les utilisons quand il y a des provocations. Ce n’est pas nous qui avons mis ce débat sur la table, mais la communauté est partie.

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