Lundi, la porte-parole du gouvernement Olivia Grégoire, réélue dans le 12e arrondissement de Paris, a rejeté l’éventualité d’une dissolution par le président, se bornant à annoncer un nouveau gouvernement “dans les prochains jours”.
La Première ministre Elisabeth Borne remporte de justesse sa circonscription du Calvados (avec 52,46 % des suffrages) et est déstabilisée. Mais pour le moment il n’est pas officiellement question de sa démission et Elisabeth Borne appelle à une “action majoritaire”. Cette démission, même suivie de la formation d’un gouvernement fortement remodelé, serait pourtant un signal important après le mauvais résultat de l’élection de dimanche.
“Ma crainte est que le pays soit bloqué”, a admis la porte-parole du gouvernement Olivia Grégoire, résumant les craintes de l’exécutif. “Il faudra de l’imagination, de l’audace, de l’ouverture”, a-t-il dit, réitérant l’idée d’une main tendue à “tous ceux qui veulent faire avancer le pays”.
La France Insoumise a déjà promis une motion de censure le 5 juillet, premier jour ouvrable de l’Assemblée, pour renverser le gouvernement. Le secrétaire général du parti LR, Aurélien Pradié, a déclaré qu’il ne voterait pas en faveur de la motion de censure. “Pour ma part, il ne fait aucun doute que je vote en faveur d’un projet de gouvernement commun avec La France insoumise”, a-t-il déclaré à franceinfo. “Je ne ressens pas les mêmes valeurs républicaines et je ne ressens pas le même projet d’avenir de notre pays.”
La bataille pour la présidence de la Commission financière
Les bonnes performances du RN suscitent déjà la polémique à l’Assemblée : le député Oise nouvellement élu Philippe Ballard lance les hostilités pour réclamer la présidence de la très puissante commission des finances du Parlement. Le nom de Marine Le Pen est cité pour ce post.
Depuis une quinzaine d’années, ce poste est transféré au principal parti d’opposition, désormais considéré comme le RN. Le gouvernement a une lecture plus nuancée des règles et estime que certes l’accusation “devrait aller constitutionnellement à un groupe d’opposition” mais qu'”il n’y a aucune certitude à la lecture de la Constitution”.
Le vote aura lieu le 30 juin. Aux yeux de Marine Le Pen, la NUPES est composée de quatre groupes parlementaires différents et ne peut donc prétendre présider la commission en tant que telle.
La députée LFI Manon Aubry ne voit pas les choses de la même manière : “La Nupes est loin devant le Rassemblement national”, a-t-elle déclaré à BFM. « Le Nupes est très clair, il aura un candidat commun, tous les élus du Nupes voteront pour ce candidat commun. […] et donc en principe l’Assemblée nationale ne peut mathématiquement pas obtenir cette présidence. »
Nul doute que la Nouvelle Union populaire écologique et sociale sera constituée comme un groupe unique à l’Assemblée nationale, suggère Jean-Luc Mélenchon : « Personne n’avait vu cette situation se produire. Il ne veut pas « donner l’impression que nous répandons la confusion » « par notre propre dispersion ». Reste à savoir ce que décideront leurs troupes. L’homme fort du Nupes a déjà évoqué la question avec le premier secrétaire du PS Olivier Faure et le chef de l’EELV Julien Bayou, mais le Parti socialiste, Europa Ecologia-Els Verds et le Parti communiste rejettent cette proposition.
Nul doute que le titre de « première force d’opposition » sera l’objet de toutes les batailles. Et derrière cette présidence de la Commission, le RN envisage de briguer d’autres postes à l’Assemblée comme une vice-présidence ou une autre présidence d’une commission permanente, ils sont huit.