Publié: 20/06/2022 – 18:49
Au Mali, une nouvelle boucherie au centre du pays. Une attaque terroriste a visé plusieurs villages de la commune de Diallassagou au cours du week-end. 132 civils maliens ont été tués, selon un bilan officiel du gouvernement rendu public lundi soir 20 juin. Des informations recueillies par RFI auprès de sources sécuritaires locales et de notables faisaient déjà état de plus d’une centaine de civils tués dans la journée. Si ces attaques n’ont pas été revendiquées, les autorités accusent Katiba Macina, et affirment que leurs combattants ont été identifiés parmi les auteurs. David Baché a obtenu des détails sur le déroulement de l’attaque.
Diallassagou, Diamweli, Dessagou, samedi 18 juin, puis Ségué dimanche. Selon diverses sources locales et sécuritaires, les jihadistes sont apparus samedi vers 16 heures et ne sont repartis qu’à minuit : une centaine de motos avec à leur bord des hommes armés.
Les chasseurs dozo traditionnels stationnés à Ségué ont pu repousser les assaillants, une personne serait morte dans les affrontements malgré tout. Mais c’est dans les autres villages de la commune de Diallassagou que les jihadistes ont commis de terribles massacres, enlevant des groupes d’hommes pour les exécuter alentour, en différents endroits.
En cours de route, les djihadistes ont incendié le marché, les maisons, les magasins et les véhicules. Ils ont aussi apporté du bétail.
Des centaines de villageois ont fui, la plupart en direction de Bankass, à environ 40 miles de là.
Un accord de paix local intercommunautaire a été conclu à Diallassagou en février de l’année dernière, qui a fait taire les armes pendant un certain temps et a permis aux habitants de se déplacer librement.
L’attaque de ce samedi n’a pas été revendiquée, mais selon diverses sources locales, des jihadistes de la Katiba Macina, membre du Jnim, le Groupe de soutien islamique et musulman lié à AQMI, auraient riposté à certains habitants. d’avoir rompu cet accord local et d’avoir aidé surtout l’armée malienne et ses supplétifs russes à mener récemment des opérations dans la région. Des opérations au cours desquelles la communauté peule aurait été spécifiquement ciblée.
Dans un communiqué, la Minusma précise avoir pris contact avec les autorités maliennes pour pouvoir envoyer une mission d’appui à la protection de la population civile de la zone.
La MINUSMA a immédiatement contacté les autorités civiles et militaires et envisage d’envoyer une mission de soutien pour la protection #civile et la stabilisation de la zone.
– MINUSMA (@UN_MINUSMA) 19 juin 2022
Enfin, une autre attaque a eu lieu lundi matin, toujours dans la région de Bandiagara. Cette fois, les jihadistes ont ciblé le site dozo, les chasseurs traditionnels, à Djiguibombo. Selon des sources sécuritaires, deux décès ont été signalés.
Communiqué du gouvernement malien annonçant 132 morts après l’attaque de la ville de Diallassagou. © Ministère de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation