Le Tribunal de Paris spécialement composé a entendu cette condamnation assortie d’une période de sûreté des deux tiers pour les deux hommes : Aymen, 34 ans, originaire d’un quartier pavillonnaire de Brétigny-sur-Orge et en affaire S pour sa radicalisation, et Sami, 37 ans, gérant de une entreprise de livraison. Pour ce dernier, de nationalité tunisienne, le tribunal a prononcé une interdiction définitive de séjour sur le territoire français.
Le Parquet national antiterroriste avait requis la réclusion à perpétuité pour ces deux prévenus qui comparaissaient notamment pour tentative de meurtre. Au milieu de la nuit du 30 septembre 2017, alors que plusieurs attentats avaient visé des sites emblématiques de la capitale au cours des mois précédents, un engin incendiaire artisanal avait été placé dans l’une des pièces du 31 rue Chanez, à l’ouest de Paris.
Les quatre bidons d’essence et les gallons d’essence auraient pu faire sauter les vingt maisons et leurs occupants. Le plan a échoué malgré neuf tentatives de tir. Le tribunal a jugé que l’attentat prévu avait été organisé par les deux cousins, dont l’ADN a été retrouvé sur les lieux.
Lors du procès, qui a débuté le 7 juin, Aymen Balbali, ancien chauffeur de taxi costaud et visé par des écoutes téléphoniques par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), a revendiqué le droit au silence à géométrie variable.
“Un rôle secondaire”
Evitant un certain nombre de questions, notamment sur le choix de la cible, il a toutefois affirmé ne pas avoir adhéré à l’islam terroriste radical, malgré de nombreux documents liés au groupe jihadiste Etat islamique trouvés dans ses pertinences.
Quant à Sami Balbali, contre qui il a pesé des preuves beaucoup moins incriminantes, le tribunal a estimé qu’il avait joué un “rôle secondaire”.
Un troisième homme a été reconnu coupable comme eux d’association de malfaiteurs terroristes : Amine Abbari, 35 ans, d’Ullis (Essonne) et approché fin 2016 par les services de renseignement pour infiltrer les réseaux islamistes, comme deux agents ont témoigné devant le tribunal.
Au RSA au moment des faits, celui qui rêvait d’être un adolescent policier, réalisait des vidéos sur l’islam avec Aymen Balbali.
“J’ai vu la radicalité d’Aymen”
“J’ai vu le radicalisme d’Aymen Balbali mais je n’ai pas vu qu’il pouvait être violent. La DGSI ne l’a pas vu non plus”, a-t-il supplié.
Ce début de collaboration, finalement avorté en mai 2017 selon la DGSI, n’est pas de nature à l’exonérer de poursuites pénales, a toutefois conclu le tribunal qui l’a condamné à huit ans de prison, loin des trente ans d’emprisonnement requis par le procureur.
Un quatrième homme, un cousin éloigné des Balbali, a été condamné à cinq mois de prison pour avoir volé une voiture d’occasion lors de l’attentat raté.