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Reportage Confirmant une hausse fondamentale du vote d’extrême droite dans le département normand, le Mythe national a remporté, à l’issue des élections législatives, quatre sièges de députés sur cinq. Un changement aidé par un sentiment “anti-Macron” et une vague d’autorisation, balayant au passage les députés sortants.
“Ce qui est terrible, c’est que les candidats du Rassemblement national [RN] gagné comme nous en 2017 : sur un label, rien de plus. « Pressant son citron Perrier à l’ombre du parvis de la mairie d’Evreux, Fabien Gouttefarde a l’œil émacié, mercredi 22 juin. Depuis dimanche, le député sortant de la 2e circonscription de l’Eure est impacté par une défaite imprévue. du second tour des législatives, elle ne recueille que 48,9 % des suffrages face à la candidate RN Katiana Levavasseur (51,1 %).
Fabien Gouttefarde, député sortant (La République en Marche) de la 2e circonscription de l’Eure, battu au second tour des législatives par un candidat du Mythe National, à Evreux, le 22 juin 2022. AGNES DHERBEYS / MYOP POUR « LA MONDE”
Il n’est pas le seul député « ambulant » abasourdi de l’Eure. Dans ce département rural de Normandie, situé à l’extrémité ouest de l’Île-de-France, fiefs de deux ministres, Bruno Le Maire (économie) et Sébastien Lecornu (armée), il y avait cinq députés La République en marche (LRM) depuis. 2017. Le dimanche 19 juin, les électeurs les ont pourtant rendus en attribuant quatre sièges au RN et un à la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes).
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Le département, dont M. Lecornu est président depuis 2015, devient ainsi le seul de la région à envoyer des députés de parti d’extrême droite à l’Assemblée nationale et à ne pas attribuer un seul siège à Emmanuel Macron. La plus emblématique d’entre elles, celle que Bruno Le Maire occupait dans la 1ère circonscription depuis 2007, et qui a cédé sa place à sa suppléante, Séverine Gipson (49,38%), a été remportée par Christine Loir (50,62%), soignante, députée du RN pendant deux ans. Un revers, donc, pour la coalition présidentielle et ses deux figures locales.
Fracture territoriale et sentiment de dégradation
Sur la terrasse de l’Hôtel Normandy à Vernon, où Marine Le Pen a fait une scène très médiatisée lors de l’élection présidentielle, le jeune conseiller municipal, François Ouzilleau, proche de Sébastien Lecornu, qui avait succédé en 2015, à un candidat déçu d’Ensemble ! dans la 5e circonscription (49,37 %), il analyse la situation malgré sa déception : « C’est le résultat d’un ancrage progressif du vote RN depuis les années 1980. Nous sommes coincés entre Paris et Rouen. Notre problème est l’isolement et la dégradation économique. »
François Ouzilleau, maire de Vernon et candidat (LRM-Ensemble !) dans la 5e circonscription de l’Eure, battu au second tour des élections législatives, dans sa ville, le 22 juin 2022. AGNES DHERBEYS / MYOP PER « LE MONDE »
Une fracture territoriale et économique que Kévin Mauvieux, député (RN) élu dans la 3e circonscription voit également à l’encontre de la sortante Marie Tamarelle-Verhaeghe (54,05 % des suffrages contre 45,95 %). “Nous souffrons d’être une zone rurale économiquement dévastée et désertée des services publics”, dit-il. Pour lui, son parti a réussi à s’implanter dans ce département, où les “gilets jaunes” ont été très actifs et où le sentiment d’abandon est fort, “car, contrairement à M. Macron, il s’adresse aux petites gens et à leur journée pour soucis du jour “.
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