Notre squelette s’use avec l’âge, et si nous ne faisons pas attention, cela peut entraîner des chutes et des handicaps. En prévention, l’examen osseux est indispensable.
L’analyse osseuse peut être aussi utile qu’une prise de sang : c’est un test clé pour identifier une pathologie insidieuse et dangereuse : l’ostéoporose. Cette maladie du squelette entraîne à la fois une diminution de la masse osseuse et une détérioration de l’architecture interne de l’os. Après une fracture dite « à faible traumatisme » – c’est-à-dire non pas causée par un choc violent, mais simplement par une glissade au sol ou une chute de hauteur – l’exploration est obligatoire quel que soit l’âge, et est remboursée par Social. Sécurité. S’il y a des signes forts de maladie, surtout compte tenu des antécédents médicaux, la densité minérale osseuse ou DMO est une référence.
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« La DMO aide non seulement à diagnostiquer l’ostéoporose, mais prédit également le risque de fracture », précise le Dr Karine Briot, rhumatologue à l’hôpital Cochin. Plus la DMO est faible, plus le risque est grand. De plus, son résultat permet en partie d’évaluer la nécessité d’un traitement contre l’ostéoporose.
« Ce n’est pas le seul facteur déterminant. L’âge et les antécédents de fracture doivent également être pris en compte », ajoute-t-il. Cela a motivé le développement d’outils informatiques qui intègrent tous ces paramètres, comme le logiciel Frax développé par l’OMS.
Réaliser une densitométrie osseuse
Quant à la DMO, c’est un examen qui ne dure pas plus d’un quart d’heure et qui s’appelle l’ostéodensitométrie. Pratiqué en cabinet de rhumatologie ou dans des centres de radiologie équipés, il repose sur des rayons X très faiblement ionisants. Son principe est simple. Lorsqu’un faisceau d’énergie traverse un corps solide, il l’absorbe d’autant plus que sa densité est élevée. En irradiant l’os avec, puis en mesurant la quantité d’énergie libérée, on peut donc évaluer sa densité. Elle se fait au niveau du rachis et de la hanche, ce qui permet d’évaluer la masse osseuse des deux types d’os : trabéculaire (ou spongieux) et cortical (ou compact).
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Mais il y a un inconvénient. “ Il a été constaté que 30 à 40 % des patients présentant une fracture typique de l’ostéoporose ont une quantité suffisante d’os. “, raconte le professeur Didier Hans, du CHU de Lausanne. D’où le développement, ces dernières années, d’un outil complémentaire pour aller plus loin : un logiciel couplé au densitomètre qui analyse ses images pour déterminer la qualité de l’os et sa microarchitecture.
L’urgence du dépistage
Développé par des chercheurs de l’Inserm en collaboration avec le Centre des Maladies Osseuses Chuviales de Lausanne, ce procédé appelé TBS (trabecular bone scoring) a été évalué en Suisse. Aux États-Unis, une étude de 2019 a montré qu’elle prédit mieux le risque de fracture que les examens traditionnels. Mais pour l’instant, en France, l’ostéodensitométrie reste sous-utilisée. “ Il y a clairement un manque de prescription “, note Karine Briot : Moins de 15 % des personnes considérées à risque d’ostéoporose car ayant des antécédents de fracture se présentent à cet examen.
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Rappelons qu’avec l’allongement de la vie, cette pathologie touche un nombre croissant de personnes : 39% des femmes après 65 ans, 70% à 80 ans. Et si les hommes sont moins souvent touchés — on estime qu’il y a deux femmes pour un homme ayant une fracture ostéoporotique — la maladie est tout aussi invalidante pour eux. Lorsqu’elle survient à un âge avancé, l’ostéoporose accompagne de nombreuses autres maladies (pulmonaires, cardiovasculaires, etc.) et les fractures peuvent gravement affecter la qualité de vie. Même la vie elle-même. Il est donc urgent d’encourager sa projection.