Bruxelles : recrudescence des fusillades

Dans un contexte de trafic de drogue croissant, le nombre d’actes de violence armée augmente dans la Capitale. C’est en tout cas confirmé par le Parquet de Bruxelles.

Entre le 1er janvier et le 22 juin 2022, 22 fusillades ont été enregistrées dans la capitale. -AFP. Par Guillaume Derclaye Publié le 28/06/2022 à 19:33 Temps de lecture : 3 min

Depuis septembre 2021, le parquet de Bruxelles constate une recrudescence des actes de violence avec armes à feu. Entre le 1er janvier et le 22 juin 2022, 22 événements de ce type ont été enregistrés, a-t-on appris lors d’une conférence de presse qui réunissait le procureur du Roi de Bruxelles Tim de Wolf, le directeur de police du Tribunal judiciaire fédéral (PJF) de Bruxelles Eric Jacobs et les commandants. des zones les plus touchées par ce type d’incident (Bruxelles-Ouest, Bruxelles Capitale-Ixelles et midi). Le nombre d’aujourd’hui est un mort et seize blessés. A titre de comparaison, la police fédérale a enregistré, en 2020, une tentative de meurtre et sept tentatives d’homicide et un meurtre par arme à feu en région bruxelloise. Au vu de ces chiffres, on constate un nombre assez élevé de blessés. C’est parce que les coups de feu sont tirés pour intimider plutôt que pour tuer. Avec la crainte toutefois qu’un passant ne soit blessé ou tué par une balle perdue. “Ce que nous vivons aujourd’hui, nous l’avons déjà vécu. Vous connaissez la situation à Anvers », a déclaré Eric Jacobs.

De gauche à droite, le directeur de la Police judiciaire fédérale bruxelloise (PJF) Eric Jacobs et le procureur bruxellois Tim De Wolf. – Actualité photographique.

Incapable de donner plus de précisions, le procureur du Roi a confirmé que plusieurs suspects avaient été placés en garde à vue. Et ce malgré la difficulté de collaborer avec les victimes, qui souvent refusent de donner les informations dont elles disposent. Le profil des auteurs des fusillades est varié. Ce sont à la fois des mineurs et de jeunes adultes, voire des personnes âgées.

A quelques exceptions près, ces faits sont principalement liés au trafic de drogue, a confirmé Tim de Wolf. Ils naissent pour différentes raisons, comme des tensions entre trafiquants de rue sur un territoire, ou encore des ajustements de comptes entre gangs urbains. Le trafic de drogue augmenterait également en Région bruxelloise. Selon Eric Jacobs, directeur de la PJF à Bruxelles, on assiste à un glissement des autres formes de criminalité vers le monde de la drogue. Un marché lucratif, qui se traduit par des peines moindres pour d’autres activités criminelles. Et pourtant, ce type de trafic est impossible à éradiquer, à reconnaître les différents acteurs présents…

Quelques zones d’illégalité ?

Augmentation du trafic, mais aussi de la consommation, notamment en ce qui concerne la cocaïne. Comme l’enjeu économique est plus important pour ce type de drogue, la poudre blanche apporte un autre type de violence, ont expliqué les différents interlocuteurs présents. “Ce n’est pas quelque chose d’unique à Bruxelles, on le voit aussi dans d’autres villes. »


Existe-t-il des zones sans loi où la police ne passerait plus, comme certains le prétendent ? “Nous n’accepterons jamais les zones de non-droit. Dans certains endroits, les interventions se font avec plus de prudence, mais la police est présente partout et continuera de l’être”, assure le procureur du Roi.

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