Quelles que soient les convictions et les sensibilités personnelles, on ne peut que regretter ce qui se passe aux États-Unis suite à la décision de la Cour suprême de révoquer le droit constitutionnel à l’avortement. La question de l’avortement a toujours été et restera extrêmement délicate, car elle concerne les femmes, leur corps, leur liberté, mais aussi la vie elle-même et les conceptions que l’on peut en avoir.
Cette question si sensible et si humaine impose à chacun une infinie délicatesse, un profond respect. Pourtant, désormais, la Cour suprême creuse — encore plus — le clivage entre deux Amériques qui se font face, se jugent, ne voulant plus se comprendre ni s’entendre. Et en attendant, qui aborde les vrais enjeux autour de l’avortement ? Qui consacre son énergie à résoudre les inégalités sociales dont souffrent souvent les jeunes femmes et les mères ? Qui assure le soutien qu’elles peuvent recevoir lorsqu’elles souhaitent avorter ou lorsqu’elles ne le souhaitent pas ?
Les femmes sont, en effet, les premières victimes de ce débat dramatique qui se déroule à Washington, et personne ne peut se réjouir de la façon dont l’arrêt de la Cour a été prononcé dans un pays déjà éclaté. Ce jugement est inacceptable, tant dans la forme que dans le fond et les conséquences qu’il engendre. Tirons des leçons pour la Belgique. On se fout de ce débat, de ces divisions et de ces invectives telles qu’elles sont, alors que la question de l’accès à l’IVG est posée en d’autres termes.
Nous poursuivons le débat démocratique qui tient compte de la réalité de notre pays, en l’objectivant avec précision et délicatesse, et en réfléchissant comment nous pouvons l’améliorer concrètement. Nous évitons ainsi les divisions sur cette question, nous cherchons plutôt à unir. Car ? Faire en sorte que chaque femme, qu’elle veuille avorter ou non, se sente libre dans son choix et accompagnée dans son cheminement. Pour que personne ne se sente seul, abandonné socialement, économiquement ou psychologiquement.
Le débat est politique, certes, mais dans la façon dont on l’aborde, on n’oublie jamais que le vrai enjeu, autour de cette question, est un enjeu profondément humain.