Par Adrien Filoche Publié le 29 juin à 11h31 76actu Voir mon actualité Suivre ce média Une maison de retraite médicalisée de Seine-Maritime a été condamnée pour mauvais traitements après la mort d’un homme de 89 ans. Sa famille avait porté plainte. (© Illustration / AdobeStock)
L’EHPAD de Grugny (Seine-Maritime), au nord de Rouen, a été condamné en mars 2022 par le tribunal administratif à indemniser Anita Tessier et ses frères et sœurs, à la suite du décès de son père, survenu en mai 2017. L’octogénaire s’était rapidement détérioré. , et ce seulement quelques mois après son entrée. L’information a été révélée le 29 juin 2022 par nos confrères de RTL.
Interrogée par 76actu, Anita Tessier confirme : “Elle était en forme quand elle a rejoint en février. [2017]. Il est décédé le 5 mai. Après cinq ans de procédure, le tribunal administratif a reconnu l’EHPAD coupable de mauvais traitements. » Et d’ajouter : « L’avocat nous a présenté ses excuses et a déclaré que l’établissement reconnaissait les faits. Mais ce n’est pas assez! On parle d’un être humain. C’est plus que de la maltraitance. »
“Nous leur avons fait confiance”
Avant d’être admis à Grugny, Henri Tessier était dans une structure privée à Mont-Saint-Aignan. “J’avais la maladie d’Alzheimer, j’avais donc besoin d’un établissement médical. Anita et ses sœurs ont donc cherché un endroit convenable pour son père. Le choix est finalement tombé sur Grugny. “Nous leur avons fait confiance, l’environnement était fantastique. Papa adorait la nature.”
En lui rendant visite, une des sœurs d’Anita avait posé plusieurs fois des questions. « Ma sœur a vu que parfois ça ne sentait pas bon. Il l’a signalé aux gardes. Et nous lui avons dit que nous ne la doucherions pas parce qu’elle était ‘confortable’ et ‘elle se plaignait de douleur'”, souligne Anita.
L’enquête démontre que la prise en charge, par l’équipe médicale de la douleur de M. Tessier, a été défaillante.
Procès-verbal de la peine
Entre février et mai 2017, son état s’est détérioré très rapidement. “Il n’y a tout simplement pas eu de cas”, déplore Anita. Son père est finalement mort d’une gangrène généralisée.
Perte de poids, “défiguré par la douleur”
Fin avril 2017, quelques jours avant la mort de son père, Anita était rentrée en urgence en Normandie, pour assister aux obsèques de sa mère. « Quand j’ai vu mon père, je ne l’ai pas reconnu. Il avait perdu beaucoup de poids. Il était défiguré par la douleur. »
Malgré la condamnation de l’établissement, il était impossible pour Anita de pleurer : « Imaginez la douleur qu’elle a dû endurer ! »
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En quelques jours, nous avons perdu nos deux parents.
Anita Tessier
“C’est trop tard pour nous maintenant. Mais ce que nous voulons, c’est que cela soit connu. Notre volonté est d’éviter que d’autres familles vivent le même drame que nous avons vécu”, conclut Anita.
Dans la sentence que le libellé du 76actu a pu consulter, l’Ehpad reconnu coupable par le tribunal administratif de Rouen a été condamné à verser une indemnité à la famille du défunt.
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