A Bruxelles, cinq policiers condamnés pour violences et traitements dégradants sur trois jeunes

Le tribunal correctionnel de Bruxelles a rendu mercredi un jugement, dont le Belge a pu entendre vendredi, qui a condamné quatre policiers à des peines de 5 à 6 mois de prison avec sursis. Ils ont été reconnus coupables d’avoir agressé trois jeunes de nationalité anglaise le 17 janvier 2016 à Saint-Gilles. Ils sont également reconnus coupables de traitements dégradants, de détention illégale et de détention arbitraire. Un cinquième officier a été condamné avec sursis et un sixième a été acquitté.

Des jeunes qui n’étaient vraiment pas un problème

Les quatre condamnés “ont usé d’une violence inacceptable contre des jeunes qui ne posaient pas de réel problème, et dont l’arrestation n’était pas justifiée”, a jugé le tribunal. Dans la nuit du 16 au 17 janvier 2016, trois jeunes ont participé à une fête de travail dans une maison de l’avenue Brugmann à Saint-Gilles. Vers 2h45 du matin, les trois amis s’apprêtaient à quitter la maison pour se rendre dans un snack voisin, lorsqu’une patrouille de deux policiers s’est présentée à la maison, suite à un signalement de bruit nocturne.

La police leur a demandé de chercher le propriétaire et l’un des trois a obéi en fermant la porte derrière lui. Puis l’un des policiers a mis le pied dans la porte pour la bloquer. Quelques instants plus tard, les deux policiers, accompagnés d’autres camarades, sont entrés dans le snack où les trois jeunes hommes s’étaient rendus. Ils les ont mis par terre, les ont menottés puis les ont emmenés au poste de police. Les trois hommes ont été violemment battus dans la voiture puis au commissariat, causant des blessures graves, notamment au visage.

Pour justifier leur intervention, les policiers ont notamment expliqué que l’un d’eux avait été volontairement poussé par l’une des trois victimes alors qu’il voulait garder la porte ouverte. Ils ont également affirmé qu’ils criaient dans la rue et faisaient des gestes obscènes, provoquant des troubles à l’ordre public. Or, a jugé le tribunal, l’exploitation des enregistrements radio de la police permet de se faire entendre “parler haut et fort” dans la rue, mais “sans crier, sans insultes, et sans faire de scandale particulier”.

Après avoir été maltraités au commissariat, les trois garçons ont été conduits à l’hôpital Molière pour “visites et soins”. Le médecin a déclaré à la police que, selon les résultats de son inspection, “quelque chose a dû se passer au poste de police”. Puis le ton est monté entre le médecin et la police. Une infirmière a également été interrogée par le Comité P. Elle a déclaré que les jeunes avaient l’air terrifiés et a ajouté que deux des policiers ne se comportaient généralement pas correctement avec les personnes qu’ils transportaient, étant provocateurs et agressifs.

“Alors que la mission de la police est de maintenir l’ordre, elle est [les condamnés] ils ont créé le désordre en agissant de manière inappropriée, excessive, causant un préjudice plus grave qu’ils n’auraient dû l’éviter”, a déclaré le tribunal dans un communiqué. . […] Nous ne pouvons comprendre ni accepter qu’une première intervention aussi banale ait pu mobiliser autant de policiers, toute la nuit, pour des jeunes qui n’avaient pas de profil criminel, alors que nous savons que nous manquons de policiers sur le terrain et qu’ils sont commis chaque nuit des crimes graves sur le territoire de la Région de Bruxelles-Capitale, sans pouvoir les prévenir ni les élucider ».

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