via Associated Press Visant une enquête préliminaire Damien Abad veut rester ministre. Mais pour Marlène Schiappa c’est “extrêmement difficile”.
VIOLENCES SEXUELLES – Damien Abad peut-il rester au ministère des Solidarités du gouvernement qu’Emmanuel Macron et Élisabeth Borne doivent annoncer mercredi ? “C’est extrêmement difficile”, a déclaré Marlène Schiappa, ancienne ministre déléguée à l’Egalité entre les femmes et les hommes, invitée sur BFMTV vendredi 1er juillet.
Dès sa nomination au gouvernement à la mi-mai, Damien Abad a été la cible d’accusations de viol, ce qu’il nie. Dans l’agitation, l’ancien républicain avait indiqué qu’il ferait confiance aux élections législatives. Une manœuvre qui a surpris Marlène Schiappa : “Quand j’ai entendu ‘l’élection sera le juge de paix’, j’ai été surprise.”
« Dire que l’élection est le juge de paix, et que si Damien Abad gagne l’élection ‘bouge, il n’y a rien à voir’, je ne suis pas du tout d’accord », a-t-il dit, insiste-t-il. Le ministre a été largement réélu (57 %) au second tour dans sa circonscription de l’Ain.
“Si vous faisiez partie de cette équipe gouvernementale, seriez-vous favorable à ce qu’il reste dans cette équipe ?”, s’interroge le journaliste. Avant de répondre, Marlène Schiappa fait un “décryptage en coulisses” de la machine gouvernementale et explique que la ministre des Solidarités est aussi la ministre chargée du service de communication pour l’égalité et les droits des femmes.
Le gouvernement “aux côtés des victimes”
“Il y a une personne impliquée, et je respecte la présomption d’innocence, mais quiconque est impliqué dans diverses affaires de viol, a le droit d’avoir la tutelle de cette direction de la communication qui gère les droits des femmes et l’égalité des sexes ? Je pense que la question se pose », dit qui était sous la tutelle de Gérald Darmanin, accusé de viol dans une affaire dont le parquet a demandé le non-lieu.
L’ancien ministre soulève également la question de « l’efficacité ». Le Ministère de la Solidarité s’occupe des mères célibataires, des personnes handicapées… rappelez-vous. “Il y a urgence à agir. Peut-on agir avec un ministre qui est empêché parce qu’il se défend ? », s’interroge Marlène Schiappa.
De son côté, la ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher a assuré samedi 2 juillet sur France Inter être “du côté des sinistrés”. “Je pense que la voix des victimes doit être entendue. Je crois aussi que les processus judiciaires doivent être respectés. La décision dépend du Premier ministre », a-t-il dit.
. @AgnesRunacher sur Damien Abad au gouvernement : “J’ai toujours été du côté des victimes, je pense que la voix des victimes doit être entendue. Je crois aussi que les processus judiciaires doivent être respectés. La décision dépend du Premier ministre “#le69Inter pic.twitter.com/su3WgzLnPZ
— France Inter (@franceinter) 2 juillet 2022
Cette déclaration intervient deux jours après l’ouverture d’une enquête pour viol sur Damien Abad, dont Elisabeth Borne n’a pas parlé. Or, “si justice est à nouveau rendue, nous supprimerons toutes les conséquences de cette décision”, avait-il assuré quelques jours plus tôt. De son côté, le ministre des Solidarités a de nouveau “récusé fermement toute accusation de tentative de viol ou d’agression sexuelle”.
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