43,6% en français, 44,4% en mathématiques, 48,3% en sciences, 55% en histoire-géographie. La messe a été dite par Mounir (nom d’emprunt) après avoir pris connaissance des résultats de ses tests externes CEB : échec et redoublement de sa sixième primaire. Mais après avoir déposé une plainte auprès de leur école et consulté les copies des examens, leurs parents s’aperçoivent que les notes portées sur la feuille récapitulative des résultats ne sont pas celles qui figurent sur les copies des épreuves. L’encodage était incorrect. Une erreur que Mounir, ses parents et son école, l’Institut Saint-Louis de Bruxelles, tentent aujourd’hui de comprendre, qui a adressé une demande d’explications à la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Mounir, 11 ans, de Molenbeek, est un élève moyen. Mais pour le CEB, il le sait, il devra redoubler d’efforts. Ses parents l’ont inscrit au CDJ (Centre jeunesse) d’Anderlecht, une association qui propose des ateliers de préparation, sous forme de modules, aux épreuves scolaires externes comme le CESS, le CE1D et… le CEB.
Mounir avait réussi ces tests CEB lors des épreuves
« Nous organisons aussi des exercices d’examen pour permettre aux jeunes de se mettre à l’épreuve, de vérifier leur maîtrise dans les différentes matières », explique Fouad El Abbouti, bénévole au CDJ d’Anderlecht. « Tout est prêt pour préparer au mieux les enfants. Et Mounir, il avait réussi ces examens simulés, sans aucun doute. Il a montré de très bonnes capacités. C’est un enfant sensible, très attentif. A l’écoute, il veut réussir. Malgré le covid, malgré la crise sanitaire et les difficultés, est présent le week-end, pendant les modules. Et ses parents sont en retard. Avec les enseignants bénévoles encadrant Mounir, l’enfant se met dans les conditions du CEB”.
Et quand vient le temps du vrai CEB, à Saint-Louis, Mounir continue. Il sait, au fond de lui, qu’il a réussi. Mais au moment de la proclamation, c’est douche froide… Le certificat ne passe pas. “L’enfant pleure, est dévasté, ne peut même pas parler”, se souvient Fouad El Abbouti. “C’est arrivé. Et c’est là que ces échecs interviennent. Ensuite, l’école lui conseille de ne pas aller d’abord en différencié, mais de recommencer la sixième.”
Personne n’imaginait ce qui allait se passer
Tristesse pour Mounir, tristesse pour ses parents. “Notre asbl leur conseille cependant de faire appel pour voir s’il y a eu des fautes. Et puis on dit à la maman de demander quand même à voir les preuves pour voir ce qui se passait. Summer, vois les fautes de Mounir.” L’approche, au début, est la suivante. Personne n’imaginait ce qui se passerait.
Reçue par l’école, la mère se voit d’abord refuser le droit de consulter les preuves. « Nous lui disons qu’il n’a pas le droit de le faire. Pourtant, la loi stipule qu’il peut. Ce qui est logique s’il veut contester un résultat. Finalement, l’école accepte de lui montrer les livrets. a réussi partout : c’est indiqué sur les fiches”.
En effet, Mounir n’a pas 43,6% de français tel que codé dans le rapport final mais 60,8%. En maths ? 72 % au lieu de 44,4 %. En sciences, il a obtenu 73,3 % et non 48,3 %. En histoire-géographie, l’écart entre la mauvaise et la bonne marque est supérieur à 10 % : 66,6 % au lieu de 55 %. “C’est une grande différence.” Tout le monde en vient alors à l’évidence que Mounir a passé avec succès son certificat d’études de base. Il n’a pas à redoubler la sixième année mais doit passer au premier baccalauréat classique.