Bruxelles prévoit d’augmenter les jours sans voiture

La Région bruxelloise interroge les communes sur l’idée d’augmenter les journées sans voiture. La question du coût est un obstacle majeur.

Par Julien Thomas Publié le 16/06/2022 à 18:14 Temps de lecture : 3 min

La Journée sans voiture a lieu tous les dimanches du 16 au 22 septembre. De nombreux Bruxellois se font un plaisir de marquer la date dans leur agenda. Entre 9h30 et 19 heures, les utilisateurs de vélos, trottinettes et skates s’amusent dans la capitale. Quant aux voitures, elles s’immobilisent. Changer les mentalités et engager un débat sur la mobilité en ville sont les principaux objectifs. L’idée de multiplier les journées sans voiture n’est pas nouvelle. En 2008, l’ancien ministre bruxellois de la Mobilité Pascal Smet (one.brussels) était un sympathisant. En avril 2019, le Parlement a adopté une résolution visant à développer le concept de lutte contre la pollution de l’air. A son tour, l’actuelle ministre de la Mobilité Elke Van den Brandt (Groen) met le projet sur la table. Les 19 maires ont reçu lundi une lettre les invitant à réfléchir à sa viabilité pratique. L’écologiste leur demande d’identifier les problèmes en termes d’impact et de coût.

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“Nous vous invitons à discuter des résultats de vos réflexions et de leur impact administratif et budgétaire lors d’un rendez-vous numérique le 30 juin à 14h00”, écrit Elke Van den Brandt. Le ministre ne mène pas d’enquête officielle. Impossible de faire avancer le projet sans les conseils. Ce dernier doit autoriser la fermeture à la circulation et délivrer des cartes d’exonération. Ils organisent également de nombreuses activités locales. Enfin, et surtout, ils coordonnent l’événement par l’intermédiaire de la police locale. Cependant, cette mobilisation a un coût élevé. Plusieurs maires ne débordent pas d’enthousiasme pour la proposition comme Auderghem, Schaerbeek ou Woluwe-Saint-Pierre. “Cela demande un travail administratif très important pour la commune”, plaide l’Auderghemoise Sophie de Vos (Challenge). « Est-ce vraiment l’urgence face à tous les défis du territoire ? », lance la Schaerbeekoise Cécile Jodogne (Challenge). Pourtant, aucun des maires interrogés ne ferme la porte dans l’immédiat. La question des coûts est susceptible d’être le principal obstacle.

Des finances publiques sous pression

Les élus locaux estiment nécessaire que la Région mette la main à la poche. C’est le cas, par exemple, de Ridouane Chahid (Evere, PS), Fabrice Cumps (Anderlecht, PS) et Boris Dilliès (Uccle, MR). « Quant à moi, j’ai tout de suite posé la question du coût. Ce n’est pas définitif, mais on veut objectiver la situation”, précise Benoît Cerexhe (Woluwe-Saint-Pierre, Les Engagés). Au niveau gouvernemental, un mémorandum rédigé par le cabinet d’Elke Van den Brandt a été discuté les 22 avril et 25 mai. Il explique trois scénarios pour 2023 : un jour par mois, un par mois pendant l’été et un quatre dimanches par an. Le document ne prévoit pas actuellement de compensation financière pour les municipalités. La réunion du 30 juin pourrait changer la donne. L’état déplorable des finances régionales ne joue cependant pas en faveur du projet.


Il appartiendrait également aux municipalités de s’entendre sur le concept. La journée sans voitures doit avoir lieu le week-end, décident certains élus. Au contraire, Uccle propose de l’essayer en semaine. “C’est plus compliqué à organiser, mais ça peut vraiment faire beaucoup de pédagogie”, selon Boris Dilliès.

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