La variole du singe et le vaccin AstraZeneca
“La variole est l’un des effets secondaires d’AstraZeneca”, affirment les internautes, une infox particulièrement répandue dans le monde. Comme “preuve”, ils soutiennent qu’un “adénovirus de chimpanzé” a été utilisé pour créer le vaccin.
Mais des experts interrogés par l’AFP expliquent que c’est totalement “infondé” et que les deux pathogènes n’ont rien à voir l’un avec l’autre, ils appartiennent à des familles de virus différentes (poxvirus pour le monkeypox et adénovirus pour le Covid-19).
“Il n’est pas possible que cet adénovirus se transforme” en virus responsable du monkeypox, explique Teresa Lambe, professeur d’immunologie à l’université d’Oxford.
L’adénovirus est utilisé dans le vaccin comme vecteur, c’est-à-dire comme simple véhicule pour transporter des instructions génétiques vers les cellules vaccinales, qui peuvent alors créer leur réponse immunitaire contre le Covid.
Et comme dans d’autres vaccins appelés “vecteurs viraux”, l’adénovirus a été modifié pour ne pas contaminer l’organisme du vaccin, ajoutent-ils.
Enfin, la variole du singe doit son nom au fait qu’elle a été découverte pour la première fois chez le macaque en 1958, mais n’est pas spécifique à cette espèce, précise l’Inserm. On le trouve aussi chez les rongeurs, par exemple.
La variole du singe “encouragée” par les “élites”
En 2021, NTI, une organisation américaine spécialisée dans la prévention des risques nucléaires et bactériologiques, a organisé une simulation d’épidémie de monkeypox. La date choisie pour ce décor fictif ? Mai 2022.
Cette coïncidence est largement utilisée pour affirmer ou sous-entendre que la multiplication des cas de « monkeypox » a été orchestrée.
La Fondation Bill et Melinda Gates étant l’un des nombreux collaborateurs de NTI, le milliardaire américain – qui fait l’objet de nombreuses théories du complot depuis des années – est également accusé d’être à l’origine de cette nouvelle alerte sanitaire.
“Pour les besoins de l’exercice, nous avons voulu sélectionner un agent pathogène plausible dans notre scénario, et nous avons choisi le monkeypox parmi différentes options proposées par nos experts”, explique NTI, qui souligne que les risques posés par la variole ont été bons. . documenté depuis des années par de nombreuses autorités sanitaires”.
“Ce qu’il faut retenir (de la simulation de 2021, ndlr) ce n’est pas l’agent pathogène particulier (choisi) dans notre scénario fictif, (mais) le fait que le monde n’est pas totalement préparé à de nouvelles pandémies à venir. agir de toute urgence pour remédier à cette faiblesse », a ajouté l’organisation.
Une rumeur similaire avait circulé en 2020 à propos du Covid, basée sur une simulation d’épidémie de coronavirus réalisée en 2019.
Doxycycline, un nouveau pseudorema
De nombreuses publications affirment que la doxycycline, un antibiotique qui “guérit la variole du singe en deux jours”, a été interdite par arrêté du ministère de la Santé.
C’est faux : le texte officiel ne le dit pas, il permet d’autoriser la vaccination – dans certains cas précis – des personnes exposées au virus monkeypox, et ne mentionne pas la doxycycline.
De plus, la doxycycline n’est pas considérée comme un traitement de cette maladie, ont indiqué plusieurs experts à l’AFP, ne serait-ce que parce qu’il s’agit d’un antibiotique, qui sert à combattre les bactéries et non les virus.
En revanche, si nécessaire, des médicaments antiviraux (comme le tecovirimat) peuvent être utilisés contre le monkeypox, rappellent médecins et autorités sanitaires.