Danger pour les promoteurs immobiliers, effondrement des ventes de logements neufs

Pris au piège d’un étau entre des populations rejetant toute construction et des coûts de construction explosifs, le moment est “vraiment grave” pour les professionnels du logement. Les ventes de maisons neuves continuent de chuter. Après avoir chuté de 12% en 2021 par rapport à 2019, ils ont chuté de 20% au premier trimestre 2022 par rapport au premier trimestre 2021. Pire encore, le nombre de logements mis en vente s’est également effondré de 30,5%, par rapport à la même période l’an dernier. Résultat, le parc de logements disponibles n’est “que” de 7,7 mois, au plus bas depuis 2012.

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“Vous gaspillez la constructibilité, vous payez”

Il n’y a aucun moyen d’accabler les maires qui donnent des permis de construire. “Nous ne voulons pas les stigmatiser. Pour des raisons éthiques, les maires doivent rendre des comptes à leurs concitoyens », a-t-il déclaré. En revanche, ces derniers voudraient les inciter à construire davantage, sous peine de sanctions de portefeuille.

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Il s’agace que les plans locaux d’urbanisme (PLU), documents cadres d’urbanisme et d’aménagement, ne soient utilisés “qu’à 65%”. C’est-à-dire que dans un potentiel constructible de X m² seuls les deux tiers de ces mètres carrés sont acceptés par les élus locaux. Prenez un étage ici, arrêtez de remplir une « dent vide » là, les exemples ne manquent pas.

Ainsi, Pascal Boulanger propose que les PLU comportent un “minimum légal et garanti”. “Vous ruinez la constructibilité, vous payez”, a déclaré le porte-parole des nouveaux professionnels de l’habitat. “Cela pourrait aider les maires à revoir leur PLU à la hausse”, poursuit-il. Mandaté par le gouvernement à l’été 2021 pour relancer le chantier, l’ancien maire de Dijon, François Rebsamen, avait également réclamé un mécanisme d’incitation-sanction pour les élus locaux avant de prendre du recul.

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Les maires doivent-ils ou doivent-ils garder le contrôle du permis ?

Côté incitations, le président de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) propose qu’une partie, voire la moitié, de la TVA payée par les professionnels aille aux communes. “Il fournirait quelques millions d’euros pour la construction d’une école et/ou la rénovation d’une piscine et pourrait changer la culture de la population”, estime Pascal Boulanger.

Le débat porte également sur la question de savoir si les maires doivent ou non conserver le contrôle sur les licences d’œuvres (PC). Dans une note intitulée « Logement : reconstruire nos ambitions » pour l’Institut Montaigne publiée avant l’élection présidentielle, l’ancien PDG du Crédit Foncier de France Bruno Deletré considère le PC comme « une autorité trop proche du terrain ». “L’intercommunalité est le bon niveau de proximité pour sortir d’une pression électorale excessive sur les maires”, a-t-il déclaré.

“L’intercommunalité n’est que le cumul des maires. Plusieurs m’ont dit : ”Ce serait général. C’est nous qui allons attaquer les permis”, répond le président du FPI. “Le bon raisonnement est celui-ci : laisser le PC aux maires, les aider à influencer leur population, les encourager ou éventuellement les sanctionner”, poursuit Pascal Boulanger.

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La question se pose avec la réélection du président Macron

D’autant que la question se pose avec la réélection du président Macron. A l’époque, en tant que candidat, le chef de l’Etat avait affirmé vouloir un acte fort de décentralisation de la concurrence dans le domaine du logement vers les intercommunalités et les communes, en leur donnant les compétences et les moyens qui les accompagnent. Et ce sans préciser quel niveau déciderait de l’octroi, ou non, du permis.

« L’idée est de donner des moyens financiers en délocalisant les aides et les subventions au niveau intercommunal. Sa taille la rend plus à même que la commune de gérer les problématiques du plan local d’urbanisme, de la mobilité, de la localisation des logements, des infrastructures, des bureaux et des commerces”, a expliqué à La Tribune, Xavier Lépine, référent du “logement” d’En Marche.

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Nul doute que la question ressurgira après les élections législatives des 12 et 19 juin. A l’issue du premier Conseil des ministres du gouvernement Borne I, la porte-parole du gouvernement Olivia Grégoire a affirmé qu’il y aurait “sûrement” un ministre, ou un ministre délégué ou un secrétaire d’Etat chargé du logement. Un enjeu désormais intégré au sein du grand ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires.

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Les ventes de maisons aux États-Unis ont chuté

La situation n’est pas meilleure outre-Atlantique. Le département américain du Commerce a annoncé le 24 mai une baisse de 16,6 % des ventes de maisons neuves en avril 2022. Par rapport à 2021, le niveau enregistré le mois dernier a chuté de 29,9 %. Aux États-Unis, le prix moyen d’une maison neuve continue d’augmenter, à 450 600 $, de même que le prix moyen à 570 300 $.

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