À l’intérieur de l’usine d’assemblage de Porsche à Stuttgart, en Allemagne, le 26 septembre 2022 (AFP/THOMAS KIENZLE)
Le constructeur allemand de voitures de luxe Porsche a ouvert ses portes jeudi à la Bourse de Francfort avec une introduction en bourse supérieure à l’objectif, pour l’une des plus grosses transactions de la Bourse de Francfort malgré un contexte morose.
Le titre s’est envolé à 84 euros, au-dessus du prix d’introduction en bourse fixé à 82,50 euros, lors de sa première séance de bourse à 07h15 GMT, valorisant le groupe Porsche à plus de 76 milliards d’euros.
“Un grand rêve devient réalité pour Porsche”, a déclaré Oliver Blume, directeur de Porsche et de Volkswagen, la société mère du groupe de voitures de sport, dans un communiqué de presse.
“Porsche, l’un des constructeurs de voitures de sport les plus prospères au monde, entre dans une nouvelle ère avec une plus grande flexibilité commerciale”, a ajouté le PDG.
Au siège de Porsche à Stuttgart, en Allemagne, le 26 septembre 2022 (AFP/THOMAS KIENZLE)
Le volume d’émission en fait la deuxième introduction en bourse d’Allemagne après Deutsche Telekom en 1996 et la plus importante d’Europe depuis 2011 avec le géant suisse des matières premières Glencore.
Si Volkswagen n’a placé que 12,5 % du capital de sa pépite en Bourse, le deuxième groupe automobile mondial vise à soutirer des milliards de cash pour les injecter dans sa coûteuse transition vers la voiture électrique et autonome.
– Transporteur de luxe –
Porsche a une capitalisation plus élevée sur la ligne de départ que d’autres géants allemands comme BMW (47 milliards d’euros) et Mercedes-Benz (58 milliards d’euros), qui vendent bien plus de voitures que la firme de Zuffenhausen, près de Stuttgart (sud).
L’opération est d’autant plus exceptionnelle que, ces derniers mois, les introductions en bourse ont été rares en Europe dans un environnement marqué par l’inflation, la hausse des taux d’intérêt et la guerre en Ukraine.
Assemblage d’une Porsche Taycan électrique à l’usine du groupe à Stuttgart, le 26 septembre 2022 (AFP/THOMAS KIENZLE)
L’indice Dax à la Bourse de Francfort a perdu près du quart de sa valeur depuis le début de l’année, le secteur automobile, en difficulté dans les ventes, étant particulièrement délaissé.
“Ce n’est pas le meilleur moment pour une introduction en bourse”, estime l’expert automobile allemand Ferdinand Dudenhoeffer, qui voit néanmoins dans cette opération la preuve de la “valeur internationale accordée à l’ingénierie allemande”.
Volkswagen a obtenu le soutien des principaux actionnaires de Porsche, notamment les fonds d’investissement publics du Qatar et d’Abu Dhabi, le fonds souverain norvégien et le gestionnaire d’actifs américain T. Rowe Price.
Ensemble, ils détiendront près de 3,6 milliards d’euros d’actions privilégiées, le Qatar détenant la plus grande part.
Les perspectives de l’entreprise y sont pour beaucoup : Porsche a relevé son objectif de marge opérationnelle entre 17 et 18 % et le chiffre d’affaires devrait croître entre 11 et 14 % par rapport à 2021.
Porche opère dans un secteur des voitures de luxe qui devrait « croître de 13 % par an sur le long terme », selon les analystes de Berenberg.
La marque multiple vainqueur des 24 Heures du Mans convertit sa gamme à l’électrique, avec la voiture de sport Taycan née en 2019 et dont près de 20 000 unités ont été vendues de janvier à juin, un nouveau SUV électrique Macan attendu en 2024 et lancement. d’un autre VUS du milieu de la décennie.
– Influence du clan Porsche et Piëch –
Porsche appartient actuellement à 100% au groupe Volkswagen, lui-même contrôlé par la holding Porsche SE, trésor des familles Porsche et Piëch qui vont renforcer leur base à travers cette introduction en bourse.
A l’intérieur de l’usine d’assemblage de Porsche à Stuttgart le 26 septembre 2022 (AFP / THOMAS KIENZLE)
En plus des actions dites de préférence – sans droit de vote – que les investisseurs ont acquises, Volkswagen vend 25% du capital plus une action à Porsche SE, qui aura une minorité de blocage dans le constructeur de voitures de sport.
Volkswagen lèvera au total environ 19 milliards d’euros, dont la moitié ira à des investissements dans l’électricité avec six usines de cellules de batteries prévues en Europe et des logiciels pour véhicules électriques et autonomes.
Le groupe de Wolfsburg, dont l’action a perdu 23% depuis janvier, s’attend également à ce que la vente partielle de Porsche fasse grimper sa propre valeur boursière d’environ 84 milliards d’euros, une fraction de ce que pèse son rival nordiste américain Tesla, valorisé à environ 900 milliards de dollars. .