ÉRIC GAILLARD / REUTERS
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Emmanuel Macron photographié à Bormes-les-Mimosas le 19 août (illustration)
POLITIQUE – Le problème avec les cascades publicitaires, c’est qu’elles peuvent se retourner contre vous. Et puisque la séquence “argent fou” avait suscité les foudres de la gauche lors de son premier quinquennat, la mise en scène de la “fin de l’abondance” a valu à Emmanuel Macron un concert de critiques ce jeudi 25 août.
Après avoir – exceptionnellement – invité les caméras pour filmer le début du Conseil des ministres ce mercredi 24 août, le chef de l’Etat a prévenu que la France fait face à un mouvement de “grande oscillation” et que ce retour, sur fond de changement climatique , l’inflation et la guerre en Ukraine, ont marqué la fin de “l’abondance”, de “l’évidence” et de “l’insouciance”.
Un vocabulaire et ton ton alarmiste qui ont fait bondir la gauche. “Il ne se rend pas compte à quel point ça peut être mauvais pour les gens. Pour ses amis, les riches, l’abondance continue”, s’est adressé à BFMTV Jean-Luc Mélenchon, avant de l’interpeller directement : “Il n’y a jamais eu d’abondance, Monsieur Macron, mais il y a toujours eu de l’irresponsabilité. C’est-à-dire des gens qui se croyaient sans fin. Que la nature était une réserve infiniment disponible. Il y a des pillages et des pillages, et ça continue.
Des commentaires “choquants” et “provocateurs”.
Sur Twitter, le député nordiste rebelle Adrien Quatennens a plaisanté sur “ce que Macron appelle la fin de l’abondance”, partageant un article soulignant le versement record de dividendes de mercredi en France et dans le monde.
Ce que #Macron appelle “la fin de l’#abondance”.
— Adrien Quatenens (@AQuatenens)
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“Greta Thunberg aurait dit blabla”, s’est adressé le patron d’EELV, Julien Bayou, interrogé par franceinfo. “Les sacrifices, les Français et les Françaises sont nombreux à les faire, et je ne comprends pas comment le président peut parler d’abondance”, a poursuivi le député parisien, tandis que sa collègue écologiste Sandrine Rousseau décrivait la responsable du statut “Météo”. . escroquerie”.
“C’est surtout l’abondance pour certains et la négligence de ceux qui n’ont pas voulu lire les rapports du GIEC. Au lieu de promettre plus de sueur et de larmes à travers le pays, peut-être devrions-nous commencer ici ! », a réagi le PS Stéphane Troussel, président du département de Seine-Saint-Denis.
Même son de cloche du côté du Parti communiste, où l’ancien candidat à la présidentielle a fustigé RTL pour des propos “choquants” et “provocateurs” tenus par “un président qui vit sur le terrain”.
“C’est un message inhabituel. Quand on parle de la fin de l’abondance, je pense aux millions de chômeurs, aux millions de précaires”, a réagi dans la foulée le patron de la CGT, Philippe Martinez.
Pour contrer la polémique, alors que le hashtag #abundance compte plus de 140 000 mentions sur Twitter, la députée Renaissance Maud Bergeon s’est lancée dans un texte d’explication sur BFMTV. “Le président de la République n’a jamais dit que les Français consommaient à profusion, ce n’est pas le sens de ses propos”, a-t-il dit, dénonçant une “manipulation des mots” de Jean-Luc Mélenchon. “Nous sortons d’une période où l’énergie, l’électricité, le gaz, les matières premières, l’eau ne seront plus aussi abondants que ce que nous avons connu”, a-t-il expliqué.
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