Mesures pour amortir la hausse des prix. De la mise en place d’une nouvelle subvention inflation pour les familles modestes à l’élargissement de la remise carburant en passant par les revalorisations du RSA, de l’AAH ou des retraites, le gouvernement travaille. Tour d’horizon des mesures déjà prises ou annoncées pour faire face à l’inflation, qui a atteint en mai 5,2% en un an.
Une nouvelle subvention de l’inflation pour l’alimentation
En attendant la création éventuelle d’un chèque alimentaire spécifique aux ménages modestes pour acheter des produits sains, dont la mise en place a été reportée, la Première ministre, Elisabeth Borne, a annoncé mardi la mise en place d’une nouvelle prime inflation pour les familles modestes.
Cet élan sera distribué “à la rentrée” et “directement sur le compte bancaire en une fois”, selon la composition des familles, selon le chef du gouvernement. La quantité ? Il n’a pas été précisé, ni le nombre de foyers qui en bénéficieront. Entre “trois et six millions de foyers” pourraient en bénéficier, estime-t-on dans l’entourage du Premier ministre. Ce dernier a cependant assuré que la réflexion sur un contrôle alimentaire plus orienté vers des produits « de qualité » et « écologiques » se poursuit. Mercredi également, la porte-parole du gouvernement Olivia Grégoire a déclaré qu'”après l’aide alimentaire d’urgence, il y aura un soutien pour améliorer la qualité, permettant aux Français les plus vulnérables de manger sain, bio et de proximité”.
L’extension de la remise carburant
Le carburant coûtera (un peu) moins cher cet été. Le gouvernement a décidé de prolonger au moins jusqu’à fin août la remise carburant de 18 centimes (en métropole), instaurée depuis le 1er avril, et qui devait coûter 3 milliards d’euros à l’Etat sur la période d’avril à juin. Au-delà de la période estivale, un dispositif plus destiné aux grands motards devrait prendre le relais.
Le bouclier tarifaire, qui consiste à limiter les prix de l’électricité et du gaz, a été prolongé jusqu’à la fin de l’année. Il coûtera 14 milliards d’euros en 2022, selon une estimation de Bercy en mars dernier.
Retraites indexées sur l’inflation, RSA et AAH revalorisés
Les pensions de retraite seront indexées sur l’inflation à partir de la retraite de juillet, versée le 9 août, grâce à une seconde loi dédiée au pouvoir d’achat. Le ministre du Travail Olivier Dussopt l’a confirmé fin mai. Cette indexation porte sur les retraites de base : les retraites complémentaires sont gérées par les partenaires sociaux. Elisabeth Borne a annoncé mardi que la hausse serait de 4%, ce qui est proche de l’inflation, qui a dépassé 5% en un an en mai (+5,2%), après la revalorisation automatique de janvier d’un peu plus de 1%.
Il y aura aussi une hausse du Revenu de solidarité active (RSA) et de l’Aide aux adultes handicapés (AAH), mais aussi d’autres prestations sociales comme le Revenu de solidarité (RSO), qui avait connu une première hausse de 1,8 % en avril. Le gouvernement n’a pas encore révélé le montant de cette revalorisation. Selon Les Echos, ces minima et prestations vont augmenter de 4 %, pour un coût de 2 milliards d’euros, qui viendraient s’ajouter aux 5 milliards d’euros nécessaires aux retraites.
Enfin, cet été augmentera le point d’indice des fonctionnaires, qui sert de base à leurs salaires. Les syndicats de la fonction publique réclament entre 3% pour la CFDT et 20% pour la CFTC. Une augmentation de 1% coûterait à l’Etat 2 milliards d’euros par an, selon le gouvernement.
Une réduction de certaines charges
Le plafond de la prime exceptionnelle au pouvoir d’achat défiscalisée et désocialisée, dite prime Macron, sera triplé. Ainsi, les entreprises pourront verser jusqu’à 3 000 euros à leurs salariés. Une baisse des cotisations des indépendants est également attendue. Il doit leur permettre de gagner “550 euros par an au Smic”, avait indiqué mi-mai l’ancien porte-parole du gouvernement Gabriel Attal.
La suppression de la redevance audiovisuelle
Comme Emmanuel Macron l’avait annoncé lors de sa campagne, la redevance audiovisuelle sera supprimée. La mesure prendra effet à l’automne prochain, avec un bénéfice pour les ménages de 138 euros, et un déficit pour l’Etat de plus de 3 milliards d’euros nets.
Elisabeth Borne a également appelé son gouvernement à travailler sur des mesures pour les étudiants. Une prolongation du ticket restaurant universitaire devrait être de 1 euro. Enfin, des concertations sont menées pour tenter de réduire la revalorisation future des loyers, en indexant l’indice de référence des loyers sur l’inflation. L’option d’un gel total semble écartée, selon les acteurs du secteur, mais le mode de calcul de l’indice pourrait être adapté.