Le projet de loi sur la santé provoque des débats électriques à l’Assemblée nationale

C’était prévisible : les débats entourant l’examen du projet de loi de sécurité sanitaire face à la recrudescence du Covid-19 se sont déroulés dans un climat houleux, lundi soir 11 juillet, à l’Assemblée nationale.

L’examen de ce texte a été reporté dans la soirée en raison du débat sur la motion de censure de la gauche au gouvernement, qui a été rejetée dans l’après-midi après des discussions, elles aussi électriques.

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Pour son baptême du feu dans la Chambre, le nouveau ministre de la Santé François Braun a d’emblée défendu des mesures “très dirigées mais nécessaires”. Ce premier texte de la législature, dont l’examen se poursuivra mardi, entérine juridiquement la fin des principales restrictions à partir de fin juillet.

C’est “l’extinction du régime légal de l’état d’urgence sanitaire” et du “pass sanitaire et de la vaccination dans le quotidien des Français”, a souligné le ministre, réclamant la “civilité” de chacun dans le port du masque en « lieux bondés et transports en commun ».

Le fameux pass sanitaire frontalier

Ce projet de loi permet la poursuite de la collecte des données de santé sur les tests de dépistage et de vaccination, et autorise un éventuel franchissement sanitaire aux frontières. Le gouvernement « rejoint le calendrier » voté par les députés en commission par ces deux mesures, autorisées jusqu’à fin janvier 2023, au lieu de fin mars comme prévu dans la version originale, a précisé François Braun.

Plusieurs élus ont dénoncé que l’éventuel franchissement sanitaire aux frontières s’applique aux déplacements entre la France métropolitaine et les DOM-TOM. Le débat continuera à s’ajuster sur ce point lors de l’examen du deuxième article du texte. Dans l’après-midi, entre 150 et 200 manifestants de passages anti-sanitaires ont manifesté contre le projet de loi près de l’Assemblée autour de Florian Philippot ou du député souverainiste Nicolas Dupont-Aignan (non inscrits).

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François Braun a été hué par l’élu du Rassemblement national (RN) lorsqu’il a rappelé que la réinsertion des soignants non vaccinés “n’était pas à l’ordre du jour” compte tenu de la situation épidémique. Même sort pour la présidente de la République en marche (LRM) Caroline Abadie, interrogée par l’opposition lorsqu’elle a entendu que « le gouvernement gère très, très bien cette crise depuis deux ans… Vous pouvez crier plus fort. Les Français le savent, ils nous le disent tous les jours.

“Achète-toi des cotons-tiges parce que tu vas devoir faire des tests”, finit-elle par lâcher, agacée. Le RN Sébastien Chenu, pour sa présidence de première session, a tenté de ramener le calme.

“Les deux bouts se rejoignent”

A la tribune, Raquel Garrido (La France insoumise, LFI) est venue défendre une motion préliminaire de rejet, rejetée par 192 voix contre 174. « Habituez-vous à trouver des limites à vos abus de pouvoir », a-t-il lancé. par d’autres groupes de gauche. Mais le RN a également voté en faveur de la motion. “Qu’attendez-vous pour réintégrer ces ‘soignants’ non vaccinés jetés comme de la terre”, a déclaré Thomas Ménagé (RN) au gouvernement. « Les extrêmes se rejoignent », a-t-on entendu au sein de la majorité présidentielle.

“Quelle image vous donnez aux Français qui nous regardent et espèrent que nous pourrons travailler ensemble”, a déclaré le modem de l’opposition Erwan Balanant.

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Le président de la commission juridique, Sacha Houlié (LRM), a pris le fer contre les “populistes” qui “communiquaient main dans la main contre les vaccins” en commission, s’adressant au RN et LFI. « Non, les vaccins n’empêchent pas la contamination mais, mille fois oui, les vaccins évitent les formes graves, (…) les vaccins sauvent des vies ! il a insisté.

Ce dernier et Eric Coquerel, président de la commission des finances de LFI, ont exprimé leur désaccord sur l’irrecevabilité des amendements. Selon le député Les Républicains Philippe Gosselin, “l’état d’agacement” à l’hémicycle s’explique par “un peu de précipitation” autour de ce projet de loi. Mais pour autant, ce texte “minimal” ne mérite pas “l’infamie”, a-t-il estimé.

Le monde avec l’AFP

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