Macron à Brégançon, Terminal “au boulot”… Le deuxième quinquennat démarre tranquillement

POLITIQUE – Où est passé Emmanuel Macron ? Très calme depuis plusieurs semaines, le chef de l’Etat passe le week-end de l’Ascension au fort de Brégançon, comme chaque année. Une “pause d’étude”, selon ses proches au Parisien qui ont dévoilé cet élément de son agenda le 24 mai.

Le président fait une pause dans sa campagne présidentielle et s’occupe des affaires étrangères. Ce jeudi 26 mai, pendant une heure, le chef de l’Etat s’est entretenu avec Recep Tayyip Erdogan, son homologue turc, sur les questions de la guerre ukrainienne et de l’adhésion à l’Otan de la Finlande et de la Suède. .

Le président de la République, qui du 29 avril au 29 avril dans les Hautes-Pyrénées et le 10 mai, lors de la cérémonie de commémoration de l’abolition de l’esclavage, n’effectue aucun déplacement interne, maintient la distance avec la scène nationale – et laisse son nouveau premier ministre. , Élisabeth Borne, en première ligne.

En coulisses, le président a bien sûr procédé à la nomination de son premier ministre et à la constitution du gouvernement, annoncée il y a une semaine, le vendredi 20 mai. Mais depuis, l’affaire Damien Abad, ministre des Solidarités accusé de viol, est venue contaminer les premiers pas de la nouvelle équipe.

“Vous le reverrez bientôt sur le terrain”

Contrairement à de précédentes affaires et accusations ayant touché l’un des ministres en exercice, comme celles menées par Nicolas Hulot et Gérald Darmanin, Emmanuel Macron n’a fait fuiter aucun commentaire sur un dossier.

“Il n’est pas rare qu’il ne parle pas de Damien Abad”, a déclaré un conseiller élyséen. “C’est vrai qu’il a consulté avant de nommer le gouvernement et ce week-end c’est l’Ascension. Mais vous le reverrez bientôt sur le terrain !”, prédit-il.

Le chef de l’Etat sera au Conseil européen de Bruxelles pendant deux jours à partir du lundi 30 mai. Des voyages intérieurs sont également prévus, mais rien n’a encore été annoncé à ce stade. Son environnement n’exclut pas de choisir des départements qui peuvent s’apparenter à soutenir des candidats à la législature, même le président se tient par définition à distance de ces élections, conduites par le premier ministre, chef de la majorité.

Le terminal prend la lumière

C’est donc Élisabeth Borne qui a repris le flambeau en interne depuis sa nomination, comme dans un retour classique aux prérogatives constitutionnelles qui prévoient pour le gouvernement de « déterminer et diriger la politique de la nation ». Ce vendredi 27 mai, il convoque l’ensemble de son gouvernement à partir de 8h30 à Matignon pour une réunion de travail.

“L’objectif est de marquer la feuille de route des ministres et de lancer les premiers chantiers prévus dans le programme du président : santé, éducation, écologie et pouvoir d’achat”, a déclaré Matignon au HuffPost. Selon nos informations, ces réunions ont vocation à être mensuelles.

Les ministres, tenus par le délai de réservation requis à quelques semaines des élections législatives, sont aussi très discrets. Ses biographies et ses missions ne sont pas encore mises à jour sur le site gouvernemental, comme si le gouvernement prenait son temps. Après tout, la première loi biennale sur le pouvoir d’achat et le montant du chèque alimentaire attendu ne seront dévoilés qu’à l’issue des élections législatives. La nouvelle porte-parole du gouvernement, Olivia Grégoire, avait d’abord annoncé le contraire, lors du premier rapport de la première équipe de ministres de la nouvelle équipe, avant de prendre du recul.

Vers un recul des retraites ?

Aucune mesure majeure n’a encore été annoncée – notamment verte – et la réforme des retraites, promesse promise par le président Macron lors de sa campagne, ne sera lancée qu’en septembre, pour une période de concertation.

Le ministre du Travail Olivier Dussopt, qui sera aux commandes, a déjà rencontré les syndicats cette semaine et poursuivra ces rencontres la semaine prochaine. A pas lents et sans hâte, l’âge légal de départ à 65 ans, voulu par le président, ne semble plus un totem, selon une enquête d’opinion du 25 mai. Elisabeth Borne a également reçu les partenaires sociaux cette semaine et revendique une méthode qui consiste “à la fois à aller vite et à s’arranger”, ce qui peut sembler paradoxal.

Rien n’a encore été rendu public sur la fameuse concertation sur la réforme institutionnelle, promise par Emmanuel Macron lors de sa campagne et présentée comme une “urgence”.

Une hésitation qui laisse beaucoup de place à l’affaire Abad et qui engloutit un temps précieux en début de mandat. Une mesure de précaution, aussi, pour éviter la moindre erreur à l’approche des élections législatives et obtenir la majorité la plus large possible le 19 juin. Mais des fameux « cent jours » connus pour être décisifs dans l’action présidentielle en ce début de quinquennat… il n’en reste que 75.

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