Marine Le Pen aurait pu s’amuser à parier qu’elle ferait mieux aux législatives qu’à la présidentielle dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais, où elle brigue un nouveau mandat. Le député sortant avait convaincu 45,15% des électeurs au premier tour de la course à l’Elysée. “Les électeurs de la 11e circonscription du Pas-de-Calais me mettent à 55% [53,96 % en réalité] votes », s’est félicité le député sortant lors d’une allocution à Hénin-Beaumont dimanche 12 juin. La faible participation l’empêche d’être réélu à l’Assemblée nationale dès le premier tour. Alors il l’a appelé “tout [ses] électeurs de confirmer et d’amplifier leur vote “où les candidats du Congrès national (RN) seront classés pour le second tour, pour” envoyer un très grand groupe de députés patriotes à la nouvelle Assemblée nationale “.
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Un échec était difficilement concevable pour le chef du Rassemblement national, qui avait remporté les élections législatives de 2017 au second tour, avec 58,60 % des suffrages. A cette époque, la circonscription lui avait attribué à peu près le même score qu’au second tour de l’élection présidentielle (58,17 %) ; mais cette année, la candidate d’extrême droite a accru son avance sur Emmanuel Macron de plus de cinq points à 63,41%.
Fermement établi
Outre trois campagnes présidentielles, Marine Le Pen, 53 ans, est une habituée des batailles législatives. Elle est apparue pour la première fois à Paris en 1993, où elle a été battue au premier tour. Il a ensuite atteint le deuxième tour à trois reprises dans le Pas-de-Calais, en 2002, 2007 et 2012, sans l’emporter. Enfin, en 2017, il décroche un siège au Palais-Bourbon. Entre-temps, elle a été conseillère régionale, d’abord en Ile-de-France puis dans les Alts-de-France, conseillère départementale du Pas-de-Calais et députée européenne.
Désormais bien implantée dans le Pas-de-Calais, Marine Le Pen avait sillonné le département avec précaution lors des derniers jours de sa campagne pour l’Elysée, prononçant notamment, lors de son meeting d’Arras, l’un de ses discours les plus virulents. .
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Face à elle, la Nouvelle Union populaire écologique et sociale a investi Marine Tondelier (23,43%), conseillère régionale de Haute-de-France et conseillère municipale de l’opposition à Hénin-Beaumont, ville dirigée par le Mythe national en la personne de Steve Briois. Il a déjà affronté Marine Le Pen en 2012 et 2017, à chaque fois sans succès (1,60 % et 3,55 % des voix). En 2017, Marine Tondelier a dû faire face à la concurrence de la gauche du Parti socialiste et de La France insoumise, qui cette année s’est alignée derrière elle.
La République en marche (LRM), quant à elle, a investi Alexandrine Pintus. En 2017, il s’était déjà battu contre Marine Le Pen, sous les couleurs du parti Les Républicains (4,18 % des voix). En 2017, LRM investit Anne Roquet, arrivée deuxième au premier tour avec 16,43 % des voix. Au second tour, le Front républicain lui avait donné 41,40 % des voix, trop peu face à la puissante tête du RN.
Julien Lemaignen