Sécheresse : Un cinquième de l’eau potable de la France est-elle perdue à cause de fuites dues à de vieilles canalisations ?

Alors que tous les départements de France métropolitaine sont en alerte sécheresse et que dans certaines régions l’eau apparaît désormais comme une denrée rare, le porte-parole du Rassemblement national Laurent Jacobelli, mercredi 10 août sur franceinfo, a mis en avant les pertes d’eau potable dues aux fuites de canalisations. – Saviez-vous, dit-il, que dans les canalisations il y a un cinquième de l’eau qui se perd dans les fuites dues aux anciennes canalisations ?

L’estimation est correcte. Les chiffres du porte-parole du RN sont extraits d’un rapport du Système d’information sur les services publics d’eau et d’assainissement (SISPEA) qui a évalué les services publics de l’eau sur la base des données disponibles en 2020 (extraites de la base de données nationale au 31 janvier 2022).

Selon ce rapport, les pertes d’eau potable dues aux fuites sont stables, avec une perte moyenne d’un litre sur cinq. A l’échelle de la France entière, les pertes annuelles dues aux fuites représentent près de 937 millions de m3, soit l’équivalent de la consommation annuelle d’environ 18 millions d’habitants.

Toujours selon ce rapport, les causes sont multiples. L’ancienneté des pipes évoquée par Laurent Jacobelli y figure bien, mais présentée comme un facteur aggravant et pas forcément déterminant. Le rapport précise également que plus de 60% du réseau en France a été posé après 1970.

Les fuites s’expliquent aussi par le type de canalisations, leur corrosion (causée naturellement par l’eau distribuée ou par l’humidité du sol où se trouve la canalisation), mais aussi par le vieillissement des joints, l’eau à haute pression et pression des variations, des mouvements de terrain ou même des incidents qui provoquent la perforation des conduites.

Un décret de 2012, dit “décret fuites”, du Grenelle de l’environnement, oblige, entre autres, les services d’eau à respecter une certaine performance minimale, calculée selon divers paramètres, et à l’améliorer. En dessous d’un certain seuil requis, un plan d’action de réduction des fuites doit être mis en place. Le rapport indique que 20% des services sont non conformes et que les sanctions financières, appliquées depuis 2014, ont légèrement augmenté en 2020.

Le rapport précise également que même dans les zones très performantes, et même si une performance à 100% est techniquement impossible, les efforts pour limiter les fuites doivent se poursuivre. Si l’on prend l’exemple de Paris, le rendement en 2019 était de 90 %, mais les fuites représentent des volumes d’eau – 18 millions de mètres cubes – qui équivalent à 2 % des pertes pour toute la France.

Selon les conclusions des Water Hearings 2019, les agences de l’eau doivent aider les collectivités à renouveler leurs réseaux, notamment les collectivités rurales.

Comment chacun peut-il être mieux informé ?

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