Stade de France : pour Jean-François Copé, “ça n’a aucun sens de battre Gérald Darmanin”

L’ancien député LR et maire de Meaux déplore une “erreur totale d’analyse” du président de la République, qui est de “surtout ne rien dire de mal sur ce qui se passe dans les quartiers” pour ne pas “irriter” les électeurs. de Jean-Luc Mélenchon.

Le ministre de l’Intérieur serait obligé d’avaler des serpents. C’est ce qu’a implicitement expliqué Jean-François Copé mardi dans France Info, à la suite des incidents qui ont émaillé la finale de la Ligue des champions au Stade de France en Seine-Saint-Denis. L’actuel maire LR de Meaux et ancien ministre de Jacques Chirac affirme que “personne ne pense une seconde que ce sont les hooligans anglais qui ont seulement commis ce qui s’est passé”. Selon lui, “les consignes ont été données par le président de la République, basées sur une analyse totalement fausse, qui est de ne pas déranger les électeurs de Mélenchon et donc surtout de ne rien dire de mal sur ce qui se passe dans les quartiers”.

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Cependant, le gouvernement persiste et signe sa version des faits. Avec sa coéquipière sportive, Amélie Oudéa-Castera, et après un entretien avec les agents impliqués dans l’organisation de cet événement sportif, Gérald Darmanin met en lumière ce lundi une “fraude massive, organisée et industrielle”, qui serait la “maladie de racine”. Jean-François Copé considère que cette explication n’est pas crédible, quand on connaît l’ambiance de la banlieue parisienne et notamment de ce qui se passe en Seine-Saint-Denis, mais que “le mal ça vient de loin”.

“On n’ose plus parler de sécurité en France”

Pour l’ancien président de l’UMP, “ça ne sert à rien de s’en prendre à Gérald Darmanin”. Selon lui, ce n’est pas le ministre qui est à blâmer pour le maintien d’une version sans équivoque des événements, qui regroupe majoritairement des supporters de Liverpool, et non les Séquano-Dionysiens. C’est une option du président de la République “de ne pas dire du mal du crime du journal, de ne pas déranger les électeurs de Mélenchon”, ce qui est selon lui “une erreur totale d’analyse”. Il ajoute qu’il n’est pas possible de « nier la réalité qu’il y a de la violence dans cette partie de l’Île-de-France et que des casseurs sont venus et ont fait le pire ». Une version également confirmée par la police sur le site.

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Malgré des sondages qui placent le Nupes (Nouvelle Union populaire écologique et sociale) en bonne position en termes d’intentions de vote aux législatives, la stratégie du président de la République de ne pas froisser cet électorat serait, selon Jean-François Copé, une argument complètement trompeur. “De toute façon, les électeurs de Mélenchon ne voteront pas pour les candidats de Macron, il faut arrêter de se tromper de débat”, a-t-il ajouté.

Pour le maire de Meaux, “le problème est plus profond : on n’ose plus parler de sécurité en France”. Dès lors, il encourage à mettre en avant la question de la sécurité dans le débat public, et dénonce un « déni absolu de l’impuissance des pouvoirs publics face à l’impunité des criminels ». L’ancien député de Seine-et-Marne ajoute enfin que “on ne peut pas vivre ensemble si on a peur l’un de l’autre”.

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