Bertrand Rindoff Petroff via Getty Images Antique Trafficking: The Extraordinary Affair That Shakes the Art World (Photo by Jean-Luc Martinez at the Louvre on November 19, 2019 by Bertrand Rindoff Petroff / Getty Images)
Trafic d’art – Le monde de l’art a été secoué par un scandale anti-trafic ces derniers jours. L’ancien président-directeur du musée du Louvre, Jean-Luc Martinez, a été mis en examen à Paris, mercredi 25 mai, pour “blanchiment et complicité d’escroquerie organisée” et placé sous contrôle judiciaire.
Le HuffPost vous résume cette affaire hors du commun, du “Met” de New York au Louvre d’Abu Dhabi en passant par l’Egypte.
Qu’est-ce qui ne va pas avec Jean-Luc Martinez ?
A la tête du plus grand musée du monde depuis huit ans (il a été remplacé en 2021 par Laurence des Cars), Jean-Luc Martinez a été incarcéré en garde à vue lundi 23 mai à l’Office central de lutte contre la circulation. dans les biens culturels (OCBC).
Il a été inculpé mercredi 25 mai, en fin d’après-midi, de “complicité d’escroquerie en bande organisée et de blanchiment d’argent pour avoir facilité à tort l’origine d’un bien à partir d’un crime ou d’un délit”. Il a été placé sous contrôle judiciaire. L’ancien directeur du Louvre de 2013 à l’été 2021 est aujourd’hui ambassadeur de la coopération internationale dans le domaine du patrimoine.
Selon Le Canard enchaîné, qui avait annoncé une garde à vue, les enquêteurs tentent de savoir si Jean-Luc Martinez a “fermé les yeux” sur les faux certificats d’origine de cinq pièces d’antiquité égyptienne acquises “pour plusieurs dizaines de millions”. euros » du Louvre Abu Dhabi, la succursale du Musée de Paris dans la capitale des Émirats arabes unis.
A ce stade de la procédure, Jean-Luc Martinez est présumé innocent, le parquet indique pour le moment qu’il existe des “indices graves ou concordants” (art. 80-1 du code de procédure pénale) qui peuvent être retenus contre lui. , dit La Croix.
“Jean-Luc Martinez conteste fermement son interrogatoire dans cette affaire”, ont indiqué à l’AFP ses avocats Me Jacqueline Laffont et Me François Artuphel. “Il réserve actuellement ses déclarations à la justice et ne doute pas que sa bonne foi sera établie”, ont-ils ajouté.
Qui d’autre est impliqué ?
En même temps que Jean-Luc Martinez, deux égyptologues français de renom, Vincent Rondot et Olivier Perdu, ont également été placés en garde à vue selon la chaîne Canard. Mais selon Le Monde, ces deux derniers ont été libérés mardi soir.
Un expert en archéologie méditerranéenne, Christophe Kunicki, et son mari Richard Semper, commerçant, ont également été inculpés d'”escroqueries en bande organisée, association de malfaiteurs et blanchiment d’argent en bande organisée” et placés sous contrôle judiciaire.
Comme le rapporte Libération jeudi, ces deux figures respectées du monde des antiquités dans la capitale française sont soupçonnées d’avoir “blanchi” des objets archéologiques pillés dans plusieurs pays touchés par l’instabilité depuis le début des années 2010 et les émeutes du printemps arabe : l’Egypte. , la Libye, le Yémen ou la Syrie.
Les noms de Kunicki et Semper avaient déjà été mentionnés dans le cas du sarcophage du prêtre Nedjemankh. Vendu au Met de New York en 2017 pour 3,5 millions d’euros (environ 4 millions de dollars) par Kunicki, ce sarcophage a finalement été restitué solennellement à l’Égypte en 2019. Une enquête avait établi que l’objet avait été volé en 2011, en 2011. soulèvement contre le président Hosni Moubarak.
KHALED DESOUKI via Getty ImagesLe sarcophage du prêtre Nedjemankh, lors de son retour en Egypte en 2019.
Une tierce personne est impliquée dans cette affaire. En mars dernier, Roben Dib, propriétaire d’une galerie à Hambourg, en Allemagne, a été inculpé et arrêté. L’OCBC cherche à déterminer les conditions de l’acquisition par le Louvre Abu Dhabi, via cette galerie germano-libanaise, des cinq antiquités illégalement extraites d’Egypte, selon Le Canard Enchaîné.
Que soupçonnez-vous vraiment ?
Aujourd’hui, le tribunal enquête pour savoir si Jean-Luc Martinez n’a pas prêté suffisamment attention aux certificats d’origine de cinq pièces de l’antiquité égyptienne, acquises pour plusieurs millions d’euros par le Louvre Abu Dhabi. Des certificats qui pourraient être des contrefaçons destinés à « blanchir » des objets pillés.
Parmi ces pièces figure une stèle de granit rose gravée du nom du roi Toutankhamon, datant de 1327 avant J.-C., achetée 8 millions d’euros en 2016. Elle fait actuellement partie des chefs-d’œuvre de la collection du musée des Émirats arabes unis. « Un objet exceptionnel à plus d’un titre », selon l’égyptologue Marc Gabolde cité par Le Monde.
C’est lui qui a alerté les deux égyptologues sur l’origine douteuse du sillage, dans une note début 2019, selon le journal. Les deux spécialistes ont ensuite transmis le document à Jean-Luc Martinez.
Combien d’œuvres d’art sont concernées ?
Ce trafic concernerait des centaines de pièces et s’élèverait à plusieurs dizaines de millions d’euros. Les faits avaient été révélés lors d’une répression retentissante de l’environnement silencieux du marché de l’art et des antiquaires à Paris en juin 2020.
Une enquête préliminaire, liée à des soupçons de trafic d’antiquités en provenance de pays instables du Moyen-Orient, a été discrètement ouverte en juillet 2018 par la Juridiction nationale chargée de la lutte contre le crime organisé (Junalco) du parquet de Paris.
Depuis février 2020, un juge d’instruction est chargé d’une information judiciaire ouverte pour recel de vol en bande organisée, association de malfaiteurs, blanchiment et escroquerie en bande organisée, faux et usage de faux ainsi que non mention du vendeur au registre d’objets mobiles.
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