Les pilotes s’inquiètent notamment du manque d’effectifs, “principalement chez les hôtesses et les commissaires et un peu chez les commandants de bord”, indique Arnaud Wiplier, président du Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL).
La lettre, révélée par le média britannique Inews, a été envoyée lundi 6 juin pour avertir la direction, qui “donne l’impression de ne pas avoir compris l’ampleur du problème”, selon Arnaud Wiplier.
« Si nous ne pouvons pas être résilients pendant un week-end de trois jours, pouvons-nous être résilients pendant l’été ? », demande-t-il.
Des proportions “pas vues depuis dix ans”
La compagnie est “moins bien préparée que les autres années” et est contrainte d’annuler des vols dans des proportions “du jamais vues depuis dix ans”, s’inquiète Arnaud Wiplier. Selon lui, des dizaines de vols sont annulés en France chaque semaine.
Les perturbations déjà constatées sur certains aéroports européens en raison du manque de personnel “atteindront leur pic cet été” et vont encore compliquer le travail des équipes d’easyJet, précise-t-il.
L’entreprise envisage d’embaucher une centaine d’hôtesses et d’administratrices en France, selon le SNPL, mais “il faut du temps pour recruter et former ces personnes”, indique le syndicat. L’entreprise n’a pas pu être contactée dans l’immédiat.
Annulations tardives
Arnaud Wiplier regrette également la réduction par le Covid-19 des équipes chargées de la planification et du suivi des opérations basées à l’aéroport de Luton à Londres.
“S’il y a des malades, il n’y en aura qu’un pour vérifier la légalité des horaires du lendemain à travers l’Europe, donc on a des annulations tardives car on se rend compte trop tard qu’il n’y a plus d’équipage”, décrit le représentant syndical. .
Les pilotes proposent la création d’annexes à ce centre d’opérations car “à Luton on constate qu’ils ne savent pas gérer le réseau”. Enfin, les pilotes s’inquiètent dans leur lettre du recours au sous-traitant SmartLynx, spécialiste des vols charters habités très apprécié par l’ECA, l’organisation qui représente les pilotes européens.
“Nous demandons à la compagnie de s’assurer que les conditions de travail des pilotes leur permettent de voler en toute sécurité”, précise Arnaud Wiplier, qui déplore le recours à “des pilotes qui ne sont pas des salariés d’easyJet, des indépendants de type Uber”.