Les travaux qui devaient permettre le confinement définitif de 42.000 tonnes de déchets toxiques dans une ancienne mine ont été suspendus par le tribunal administratif de Strasbourg. Élus et écologistes s’opposent à cet enfouissement qui menace la nappe phréatique.
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Publié le 28/05/2022 à 11:28 Mis à jour le 28/05/2022 à 15:43
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Des dizaines de militants du groupe écologiste Extinction Rebellion ont bloqué l’accès à la décharge de Stocamine à Wittelsheim (Haut-Rhin) samedi matin 28 mai, selon France Bleu Alsace. Les gendarmes du Haut-Rhin ont évacué les manifestants en fin de matinée. “Ils ont réussi à entrer dans la place et il y a eu des dégâts comme des étiquettes”, raconte à France Bleu, le maire de la commune Yves Goepfert. Des manifestants protestent contre la décision d’enfouir définitivement plusieurs milliers de tonnes de déchets et soutiennent la décision du tribunal administratif de Strasbourg.
Mercredi 25 mai, le tribunal administratif a suspendu la mise en décharge définitive des déchets à la suite d’un sursis en référé déposé par la Communauté européenne d’Alsace (CEA) et l’association Alsace Nature. Selon le tribunal, “il existe un doute sérieux sur la légalité” de l’arrêté préfectoral. Par conséquent, les travaux de préparation du site, qui avaient commencé le 10 mai, ont été arrêtés. Cette suspension est provisoire, le tribunal examinera le fond de cette affaire à la fin de l’année.
Cette décision “va dans le bon sens”, estime un militant de la Rébellion Extinction à France Bleu Alsace. “Nous voulons le renforcer avec notre mobilisation aujourd’hui.” Les manifestants veulent une décision claire pour stopper le projet “concret” de l’Etat. “Les substances que nous voulons enfouir sont en dessous de la plus haute nappe phréatique d’Europe. Cela fait vingt ans qu’on en parle et rien n’a été fait”, a déclaré le militant.
Quelque 42 000 tonnes de déchets des Mines de potasse d’Alsace (MDPA), comme l’amiante, le mercure ou l’arsenic, sont enfouis dans les galeries de Stocamine, une ancienne mine de sel, à 550 mètres sous terre, sous le niveau de la nappe phréatique d’Alsace. Les autorités veulent stocker en permanence ces déchets toxiques, et suspendent les plans de travail pour construire des « prisons de confinement » concrètes. Préoccupés par le risque de contamination des nappes phréatiques, les élus locaux et les associations environnementales appellent à l’élimination du maximum de déchets.
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