Maison “occupée” en Essonne : le père de famille a porté plainte pour escroquerie et violences aggravées

Le père de famille qui occupait une maison dans l’Essonne avant d’en être expulsé le dit Parisien avoir été victime d’une arnaque en achetant illégalement un bien immobilier à un intermédiaire corrompu.

C’est une autre tournure de la question complexe de la maison « occupée » à Ollainville (Essonne). Saber B., le père de cinq enfants de la famille qui occupait cette maison avant d’être expulsé puis agressé le 9 juin, s’exprime pour la première fois au Parisien, mardi 12 juillet, pour donner sa version des événements. Après avoir révélé avoir acheté cette propriété à un intermédiaire corrompu, Saber B. a déposé, selon le journal, une plainte pour escroquerie et violences aggravées.

Depuis un mois, cet ouvrier de 41 ans, sa femme et leurs cinq enfants, âgés de 4 à 16 ans, séjournant dans un hôtel de la préfecture de l’Essonne, via le 115, ont été sommés de quitter la maison qu’ils occupé. par arrêté d’expulsion du 9 juin. Cependant, Saber B. a toujours cru qu’il était dans son droit. Aujourd’hui, il dit avoir été trompé par un intermédiaire véreux à qui il a illégalement acheté la propriété. “Mon client est rentré avec les clés, par la porte d’entrée : il n’est pas squatteur et ne l’a jamais été”, a déclaré au Parisien son avocate, Maître Samia Maktouf. En fait, Saber B. aurait été escroqué par Issam A., aujourd’hui en fuite depuis la Tunisie. Selon Le Parisien, le père de famille a porté plainte pour escroquerie auprès des gendarmes de Palaiseau le 20 mai.

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Saber B. aurait signé un faux compromis de vente le 29 août 2021 à Issam A., une connaissance qui se faisait passer pour le propriétaire de la maison. “Il a signé un contrat de gré à gré, comme on peut le faire en Tunisie”, a-t-il déclaré au Parisien Me Maktouf. “C’est ce qui se passe dans le pays”, explique Saber B.

Sur les 120 000 euros demandés par Issam A., Saber B. aurait effectué un virement de 43 000 euros et lui aurait remis le reste en espèces, selon son avocat. “C’est ma grosse erreur”, avoue l’intéressé. En effet, en France, la limite de liquidité maximale autorisée pour une opération immobilière s’élève à 3000 euros. Saber B. a emménagé dans la maison « en septembre 2021 », entrant avec les clés ; on ne sait toujours pas d’où viennent ces clés.

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Entre-temps, le véritable propriétaire du bien contacte un agent immobilier, qui s’aperçoit que sa maison est occupée illégalement, et la propose à prix réduit à Laurent et Elodie. Ces derniers signent une promesse de vente le 2 mars 2022 devant notaire. Le couple vient plusieurs fois rendre visite à la famille. En mai, la situation devient tendue. Les gendarmes ont dû intervenir à plusieurs reprises. Plus précisément, le 19 mai, lors d’une fête amusante au cours de laquelle le couple a escaladé la grille avant d’être rejoint par une dizaine d’amis, parfois casqués ou masqués.

Dans une impasse, en juin, Laurent et Elodie contactent LeParisien. Jusqu’à l’expulsion de Saber. B. et sa famille après son agression dans la nuit du 9 juin, lorsqu’ils ont finalement quitté les lieux. “J’aimerais savoir pourquoi j’ai été battu avec mes enfants”, demande Saber B. au Parisien. Je suis ici pour travailler, pas pour me battre, je ne veux plus de problèmes. »

“Nous avons voulu faire de cette affaire un symbole de la lutte contre les occupations et l’utiliser pour soutenir une politique de sécurité”, explique Me Maktouf, avocat de Sabre B. dans Le Parisien. Sauf que sur la base de préjugés, on s’en est pris aux honnêtes gens. »

Plusieurs rebondissements

Pour rappel, l’affaire a été révélée le 8 juin par Le Parisien : un couple, Elodie et Laurent, a signalé l’occupation illégale de leur pavillon de 70m2 récemment acheté 140 000 € à Ollainville. Le 19 mai, ce couple dit avoir signé l’acte de propriété chez leur notaire et leur avoir remis les clés de leur nouveau logement. Arrivés sur les lieux, ils disent s’être rendu compte que la maison était occupée par une famille – celle de Saber B. Le couple dit ne pas être au courant de cette occupation illégale. L’article du Parisien précise cependant que l’acte notarié faisait référence à une occupation sans droit ni titre sur la maison.

Premier tour le 9 juin. Dans la matinée, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, et la ministre de la Transition écologique, Amélie de Montchalin, sont émus par l’histoire du couple, alors qu’ils partagent sur leur compte Twitter la vidéo du reportage parisien dénonçant une “inacceptable situation” et demandant “immédiatement au préfet de l’Essonne d’engager […] évacuation rapide des occupants illégaux ». Dans la journée, une mise en demeure est donnée d’expulser la famille occupante dans les 48 heures. Mais le même jour, BFMTV, dans un reportage sur place, affirme que le couple savait pertinemment que la maison était occupée lorsqu’ils l’ont achetée. Le couple finit par avouer avoir menti au Parisien.

Second tour le 10 juin : Le Parisien révèle que la famille occupant la maison a été agressée par des personnes masquées lors de leur sortie des lieux le 9 juin à minuit. Alors que la gendarmerie venait de donner l’alerte, Saber B., sa femme et ses enfants, âgés de 4 à 16 ans, ont été chargés de charger leurs affaires dans le camion. Les gens les aspergent de gaz lacrymogène et les frappent avec des bâtons. Le camion a été endommagé et l’habitacle et l’intérieur de la maison ont été aspergés de gaz lacrymogène. La famille qui occupait les lieux a également révélé à BFMTV avoir acheté la maison pour 120 000 euros en espèces, en présentant un document censé le prouver. Or, pour le maire de la ville, Jean-Michel Giraudeau, interrogé par RMC, ce titre “n’avait aucune valeur juridique”.

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Le 10 juin également, Le Parisien a posté un message d’excuses à ses lecteurs, regrettant d’avoir été trompé par le couple.

Troisième tour le 14 juin : RTL révèle que le couple “victime”, Elodie et Laurent, est mis en examen depuis le 22 octobre 2021 pour “trafic de stupéfiants, détention illégale d’armes de catégorie B et C et participation à une association de malfaiteurs pour la dans le but de préparer un crime » et est actuellement sous contrôle judiciaire. Ils risquent jusqu’à dix ans de prison pour ces crimes s’ils sont reconnus coupables.

Me Maktouf, l’avocat de Saber. B, a maintenant l’intention de déposer une réclamation immobilière pour Saber B. pour récupérer le logement. Une demande qui a pourtant peu de chance d’être réalisée. Interrogé par Le Parisien, Laurent n’a pas l’intention de quitter son domicile.

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