Covid-19 : Des chercheurs toulousains découvrent un récepteur capable de saboter la multiplication du virus

Des chercheurs incontournables de Toulouse viennent de faire une découverte capitale pour comprendre la propagation du Covid-19 dans l’organisme. Ils montrent que, dans le système immunitaire, un récepteur agit comme une déchirure contre le virus et sabote son action multiplicatrice en provoquant la mort de la cellule infectée. Ce travail est publié dans la revue Molecular Cell.

Que se passe-t-il une fois que les cellules du nez, de la gorge et des poumons sont infectées par le virus SARS-CoV-2 induit par Covid-19 ? C’est ce qu’ont voulu savoir les chercheurs de l’IPBS, l’Institut de pharmacologie et de biologie structurale de Toulouse. “Lorsque l’épidémie de Covid-19 a commencé en 2020, tout le monde avait peur du ‘septicisme’, cette sur-inflammation d’un ou plusieurs organes pouvant entraîner la mort. Notre équipe, qui travaille sur les bactéries et le sepsis, a décidé de se positionner dans le virus car les mécanismes en jeu nous semblaient similaires », explique Etienne Meunier, directeur de l’équipe « Pathogen Detection and Removal ».

Après le premier confinement, alors que les chercheurs peuvent enfin reprendre le travail dans les laboratoires du CNRS, l’équipe aborde directement cette question.

“Lorsqu’une cellule s’infecte, elle meurt et empêche donc le virus de se propager, mais si trop de cellules meurent, une surinflammation se produit parallèlement à l’incapacité de l’organe à se réparer correctement, ce qui peut entraîner leur destruction, donc les mécanismes de mort cellulaire. dans l’infection doit être compris afin de les cibler efficacement, soit en les activant, soit en les inhibant, résume le biologiste.Nous voulions savoir ce qui peut provoquer la mort cellulaire dans les cellules pulmonaires en réponse au SRAS-CoV-2, et nous avons trouvé le NLRP1 récepteur par hasard.

Lorsque le récepteur est activé, la cellule meurt et empêche le virus de se multiplier

NRP1 est un inflamasome, un complexe de protéines immunitaires chez l’homme, qui réagit lorsqu’il détecte un danger. Selon les travaux de l’équipe toulousaine, lors de l’infection des cellules respiratoires par le SARS-CoV-2, le récepteur NLRP1 se comporte comme un piège. “Le virus SARS-CoV-2 se développe dans l’organisme en se cachant et en s’attaquant aux défenses cellulaires : grâce à la protéase NSP5, un ciseau viral, il crée de nouvelles cellules virales infectieuses qui se propagent et infectent de nouvelles cellules. Parallèlement, le SARS-CoV -2.2 désactive les défenses que la cellule a mises en mouvement, lui permettant de se multiplier sans trop de pression.Protéines du virus SARS-CoV-2, c’est l’inverse : NLRP1 est activé et devient toxique pour la cellule.

Autrement dit, ce récepteur « sabote » la cellule pour contrer le virus : « La cellule meurt et empêche ainsi le virus de se multiplier (c’est le cas de 85 % des personnes touchées par le virus Covid-19). La mort devient problématique lorsque, au lieu de contrôler l’infection, elle provoque une hyperinflammation chez les personnes sensibles au SRAS-CoV-2, probablement en raison de leur incapacité à utiliser efficacement tout l’arsenal antiviral de leur organisme », explique le chercheur.

Le “saboteur cellulaire” NLRP1 est donc une molécule clé pour la protection de l’organisme contre le virus qui déclenche le Covid-19, alors que c’est l’élément qui peut déclencher la tempête inflammatoire et donc la destruction des poumons.

Le même récepteur impliqué dans les maladies de la peau, les allergies

Étienne Meunier et son équipe poursuivront leurs recherches sur les cellules humaines pour cibler NLRP1. Les bibliothèques de molécules sont également examinées pour voir si certaines peuvent inhiber NLRP1. “Ce récepteur NLRP1 n’est pas exprimé dans les modèles de rongeurs que nous étudions, il fallait le trouver ! On l’a trouvé par hasard mais il ouvre des champs de recherche inimaginables… Il y avait un éléphant dans un couloir et on regardait les murs !”, s’enthousiasme le chercheur en citant les pathologies dans lesquelles NLRP1 est impliqué : maladies de la peau, tumeurs cutanées, asthme, allergies, maladies neurodégénératives.

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