Canicule : demande de dérogation environnementale pour trois centrales nucléaires

EDF et RTE ont annoncé vendredi 15 juillet une abrogation temporaire de la réglementation environnementale pour permettre à trois centrales nucléaires de continuer à fonctionner pendant la canicule. Cette demande a été déposée le 12 juillet par le producteur d’électricité à la demande de RTE, le gestionnaire du réseau haute tension, afin d’assurer le fonctionnement de l’infrastructure, alors que 29 des 56 réacteurs nucléaires sont actuellement indisponibles pour différentes raisons.

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Chaque usine, depuis 2006, dispose de limites réglementaires de température de rejet d’eau à ne pas dépasser, afin de ne pas chauffer les cours d’eau environnants et de protéger la faune et la flore. En effet, les centrales pompent l’eau pour refroidir les réacteurs, avant de la rejeter. Toutefois, la réglementation prévoit d’éventuelles demandes de dérogation temporaire à certains endroits, “si nécessaire au bon fonctionnement du réseau électrique”, souligne EDF.

La demande de dérogation a été faite à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), qui a donné son accord, et au ministère de la Transition énergétique, pour une durée allant jusqu’au 8 août inclus, dans un contexte d’intense canicule en France. Il s’agit des centrales de Golfech (Tarn-et-Garonne), du Blayais (Gironde) et de Saint-Alban (Isère). Il vise à “assurer le bon fonctionnement du réseau électrique qui nécessite la disponibilité à tout moment de moyens de production capables de s’adapter à la demande d’électricité”, explique EDF.

Selon RTE, cependant, “il n’y a pas de risque en ce qui concerne l’approvisionnement en électricité des Français et cette demande n’est pas liée à la consommation d’électricité”. “Ce n’est pas une question de sécurité. Ce dispositif exceptionnel vise à protéger l’environnement”, écrivent les deux organisations.

Limitation de la température de l’eau pour préserver la faune et la flore

Plus précisément, il s’agit de la température autorisée pour les rejets d’eau dans la rivière bordant l’usine. “Pour les cours d’eau, les limites de température de l’eau en aval des centrales électriques sont fixées par la réglementation pour préserver la faune et la flore aquatiques, obligeant les centrales nucléaires à adapter leur fonctionnement aux conditions climatiques, notamment en période de canicule, explique l’Institut de radioprotection et de protection nucléaire. Sûreté (PDF) “Le ministre peut aussi prendre une prescription temporaire à des niveaux de température encore plus élevés”, début juillet Cécile Laugier, directrice de la prospective et de l’environnement du parc nucléaire d’EDF.

Le dispositif d’abrogation n’a pour l’instant été utilisé qu’une seule fois, en 2018 pour l’usine de Golfech, pendant 36 heures. Cela “s’accompagne d’un meilleur suivi environnemental”, ajoute EDF.

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