Stranger Things saison 4 : La série devient-elle plus horrible au fil des saisons ?

Actualité culturelle Stranger Things saison 4 : La série devient-elle plus horrible au fil des saisons ?

Publié le 29/05/2022 à 15:05

Le quatrième volet de Stranger Things approche à grands pas et s’il y a bien une chose qui semble être à l’honneur, c’est bien l’horreur. Au fil des saisons, la saga gagne en maturité avec ses personnages, tout comme le genre qu’elle aborde : l’horreur.

Sommaire

  • Quand ET rencontre l’horreur
  • The Upside Down, de Lovecraft dans le texte
  • De Cthulhu à Carpenter, l’horreur la plus scandaleuse
  • Saison 4, une apothéose ?

Quand ET rencontre l’horreur

La première saison de Stranger Things comporte de nombreuses références à la science-fiction des années 80. S’il y a deux œuvres auxquelles ce premier volet rend hommage, ce sont ET de Steven Spielberg et Alien de Ridley Scott. Le personnage d’Eleven est clairement une analogie avec le petit extraterrestre, aux pouvoirs extraordinaires, que le jeune Mike tente de cacher pour la protéger des scientifiques, mais aussi pour éviter tout ennui avec son entourage. Quant au Démogorgon, la créature possède de nombreuses caractéristiques similaires au xénomorphe du huitième passager. Que ce soit sa forme imposante, son agressivité, ou sa tendance à kidnapper ses victimes pour les emmener dans son nid en leur faisant avaler une sorte de tentacule, le monstre Reverse semble tout droit sorti de l’imaginaire de Giger. .

Malgré cet aspect, la première saison de Stranger Things se rapproche davantage d’un thriller, avec quelques touches horrifiques, visant la disparition de Will Byers. Il faudra attendre les deux derniers épisodes pour que la pièce embrasse l’horreur, avec un affrontement direct contre le Démogorgon. Le choix de ces deux références est parfaitement choisi pour construire toute une mythologie horrible. Un univers enfantin en rencontrant un autre plus adulte et dérangeant, histoire de grandir. Alors quoi de mieux qu’Alien et ET pour parler d’une rencontre de troisième ordre. Histoire de ramener le point à la maison, ET était à l’origine censé être un film d’horreur, avant d’être un film familial. Comme quoi, rien ne se perd, tout se transforme.

The Upside Down, de Lovecraft dans le texte

Maintenant que l’univers est posé, la saison 2 de Stranger Things peut se permettre de dérouler sa mythologie. La première saison présente Upside Down, un monde parallèle au nôtre, mais dans une version plus sombre, glissante et étrange. Mais comment fonctionne-t-il et par qui ou quoi est-il gouverné ? C’est ce que tente de résoudre cette seconde intrigue, et quoi de mieux que de s’inspirer de Lovecraft pour parler de choses étranges et inexplicables. Dans ses romans, l’écrivain américain aborde l’horreur à travers des entités cosmiques comme Cthulhu. Le but de cette créature est de se libérer de sa prison millénaire pénétrant l’esprit des humains, pour pouvoir régner à nouveau sur le monde. Ceux qui ont été corrompus par les murmures de Cthulhu sont condamnés à tomber dans la folie.

Dans l’ouverture de Call of Cthulhu, Lovecraft explique :

La chose la plus malheureuse au monde est, je pense, l’incapacité de l’esprit humain à relier tout ce qu’il contient. Nous vivons sur une île paisible d’ignorance, entourée d’océans sombres d’infini que nous n’étions pas destinés à parcourir loin. Les sciences, chacune s’efforçant dans sa propre direction, nous ont jusqu’ici fait peu de mal. Un jour pourtant, la coordination des savoirs épars ouvrira des perspectives si terrifiantes sur la réalité et la position épouvantable que nous y occupons qu’il n’y aura plus qu’à devenir fou face à cette révélation ou fuir cette lumière mortifère pour se réfugier dans la paix et la sécurité d’un nouvel obscurantisme.

Cela ne vous rappelle-t-il pas un certain laboratoire essayant d’accéder à quelque chose sur lequel il n’a absolument aucun contrôle ?

The Mind Flayer de Stranger Things est une référence directe au personnage éponyme de Dungeon & Dragon, lui-même inspiré par Cthulhu avec ses tentacules et sa capacité à entrer dans l’esprit des gens. Cette saison 2 prend une horreur plus profonde et plus mystique avec cette entité énigmatique. On quitte complètement le monde des enfants, pour se plonger dans la folie de la Tête en Bas.

De Cthulhu à Carpenter, l’horreur la plus scandaleuse

Malgré son apparence plus colorée, la saison 3 de Stranger Things est plus proche d’une série d’horreur que les histoires précédentes. Les téléspectateurs sont directement confrontés à l’horreur corporelle. D’une manière générale, c’est un sous-genre d’horreur qui montre des violations graphiques du corps humain. Après avoir fermé le portail menant au Head Down, un fragment du Mind Flayer est resté au sol. Comme tout bon Cthulhu-bis, le Roi de la tête baissée s’empare des animaux et des humains afin de les fusionner pour créer un avatar grotesque avec lequel il peut atteindre ses objectifs. Nous voyons des corps fondre, exploser et prendre des formes rappelant les pires créatures du cinéma Carpenter.

A l’horreur psychologique s’ajoute le gore, omniprésent en saison. Pour preuve, dès la première scène, on voit des scientifiques taillés en pièces par une expérience ratée. La série ne cherche plus à asseoir son ambiance à travers le thriller ou l’étrangeté, ici l’horreur est graphique et directe. L’horreur de Stranger Things s’étend progressivement au fil des saisons et semble continuer à augmenter dans la saison 4.

Saison 4, une apothéose ?

Dès la première bande-annonce, on comprend que les frères Duffer ne portent plus de pincettes. Entre la maison des horreurs et le retour de Robert Englund, l’acteur mythique des griffes de la nuit, la saison 4 de Stranger Things met le paquet. Netflix semble avoir mis l’accent sur les effets spéciaux, afin de renforcer l’horrible immersion. Reste à savoir si cette suite tant attendue sera l’apothéose du genre. Rendez-vous le 27 mai sur Netflix pour le savoir.

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