Suppression de la redevance TV : des débats électriques attendus à l’Assemblée cet après-midi

l’essentiel arrive enfin à l’Assemblée nationale cet après-midi. La suppression de la taxe publique sur l’audiovisuel, promesse de campagne d’Emmanuel Macron, risque d’électriser les débats. Chaque parti maintient ses positions.

C’était l’une des promesses de campagne d’Emmanuel Macron : supprimer la taxe sur l’audiovisuel public. Cette mesure arrive ce vendredi à l’Assemblée, dans le cadre de l’examen du projet de loi de finances rectificative.

Cette taxe, de 138 euros, rapporte 3,7 milliards d’euros chaque année et sert à financer les médias audiovisuels publics de France Télévisions, Radio France, France Médias Monde, Arte, INA et TV5 Monde, selon un article de Franceinfo. Il s’agit de foyers équipés d’une télévision, ou « appareil similaire », comme un vidéoprojecteur, selon le site Service-public.fr. En 2022, 27,61 millions de foyers y sont assujettis et 22,89 millions y paient, selon un rapport de la Fondation Jean-Jaurès et de l’économiste Julia Cagé.

Pour remplacer la taxe, le gouvernement pourrait intégrer le financement des médias publics dans le budget de l’Etat, ou allouer une partie de la TVA au financement de la télévision publique.

\ud83d\udde3 Taxe audiovisuelle \u27a1\ufe0f “Ce que nous supprimons, ce n’est pas le budget public de l’audiovisuel, c’est la taxe des Français”, déclare le ministre des Comptes publics, organise un débat parlementaire.” Il se dit prêt à allouer une partie de la TVA à l’audiovisuel public.pic.twitter.com/DvU0kQG8Ee

— franceinfo (@franceinfo) 19 juillet 2022

Mais cette répression inquiète et suscite de nombreuses interrogations de la part des médias concernés, mais aussi de certains partis politiques qui s’y opposent.

La perte d’indépendance de la fonction publique

Première inquiétude : la perte d’indépendance de la fonction publique. Dans une tribune publiée dans Le Monde, le sociologue Olivier Alexandre et l’économiste Françoise Benhamou s’inquiètent d’une instabilité des financements. “Pour des raisons d’indépendance et de structure économique, la télévision publique nécessite un financement à long terme, exempt du risque de coupures annuelles”, expliquent-ils.

“Cette indépendance est garantie par le régulateur – Arcom – et par le Parlement, répond-on au ministère de la Culture, selon un article du Parisien. Cela n’a rien à voir avec le fait que l’argent provienne d’une taxe particulière ou d’un autre canal. De plus, le Parlement a souvent évoqué le montant de la redevance… »

Du côté du Nupes, les députés sont loin d’être convaincus et La France Insoumise étudie une saisine du Conseil constitutionnel. Article 34 de notre Constitution”, explique le député Insoumis du Val-d’Oise Paul Vannier.

Vers une réduction du budget de l’audiovisuel public ?

“A partir du moment où il n’y a plus de financements dédiés et qu’il faut se tourner vers les budgets généraux de l’Etat, ils finiront par nous dire que tout cela coûte trop cher et qu’il faut couper dans les dépenses, ou fermer une chaîne, ou voire, comme on l’entend parfois, de privatiser”, a expliqué le sénateur socialiste David Assouline, lors de la manifestation organisée par les syndicats des médias publics le 28 juin, cité par France 24.

“Nous refusons que le nécessaire débat sur l’audiovisuel public et son financement soit réquisitionné et éludé par le détournement d’un projet de loi de finances rectificative en plein été au profit d’un tour de passe-passe avec les budgets”, a également réagi un collectif de plus de 450 professionnels. du secteur audiovisuel dans Le Monde.

Taxe progressive proposée par Nupes, privatisation par le RN

“Quand on dit à quelqu’un qu’on va lui mettre une laisse, même si on lui promet qu’on ne lui tirera pas dessus, la méfiance est de mise”, a réagi Olivier Faure, chef du Parti socialiste, dans un article de Mon .

Ensuite, chaque parti politique présente sa proposition. Les députés mélenchonistes proposent une « contribution universelle et progressive » : tous les citoyens seraient décomptés, en fonction de leurs revenus. En revanche, le Congrès national appelle à la privatisation de France Télévisions et de Radio France.

Côté républicain, l’opposition est plus réduite, même si certains députés ont des réserves. Les débats doivent ouvrir à 15 heures. Dès lors, les deux ministres porte-parole, Gabriel Attal (délégué aux Comptes publics) et Rima Abdul-Malak (Culture) devraient prendre leur tour.

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