Refus d’obtempérer à Paris : La famille du passager assassiné a porté plainte

Photo prise par Getty Images Une brigade de police avec des vélos, comme celle qui a tiré sur le véhicule dans lequel une jeune femme est décédée dimanche à Paris.

JUSTICE – Nouvelle évolution judiciaire en cas de refus d’obtempérer. Suite au contrôle de police qui a conduit à la mort d’une jeune femme sous le feu des policiers samedi à Paris, les proches du passager assassiné ont décidé de porter plainte ce mercredi 8 juin.

La famille de Rayana, 21 ans, a décidé de porter plainte contre le conducteur du véhicule, soupçonné d’avoir refusé d’obtempérer et grièvement blessé par des tirs de la police. Une autre plainte contre X sera également déposée indirectement contre la police, a ajouté Sylvie Noachovitch, l’avocate de la famille, au micro de RTL.

“La famille de Ryana va porter plainte aujourd’hui contre le chauffeur pour homicide involontaire, car en refusant d’obtempérer, lorsque les passagers l’ont supplié de s’arrêter, il a commis une violation délibérée des règles de prudence et de sécurité et causé sa mort. fille », explique l’avocate dans la matinale d’Yves Calvi.

Les motifs de la seconde plainte contre X et adressée indirectement aux trois policiers mis en cause sont également précisés : “La famille portera également plainte contre X pour violences malveillantes ayant entraîné la mort involontaire et aussi pour homicide involontaire.” Il a ajouté que, selon des témoins sur les lieux, “il n’y avait aucun danger au moment de la fusillade et donc la légitime défense ne peut être invoquée par la police”.

Le témoin condamné de l’autre passager

Justement après le premier témoignage d’un des passagers du véhicule, Inès, 21 ans, présente dans la voiture cible des policiers samedi, a à son tour mis en cause les forces de l’ordre. Auprès de franceinfo, la jeune femme, amie de la victime décédée, estime que le chauffeur s’est bien “tort”, mais regrette les coups de feu tirés par les policiers, qui n’ont “pas su garder la tête froide”.

Après avoir détaillé sa version des événements depuis l’arrière de la voiture, elle s’est dite “fâchée que la police ait pu faire autre chose. La personne est à blâmer, mais elle n’a pas eu à tirer directement”.

Il détaille également le refus du chauffeur d’obtempérer, connu un peu plus tôt dans la soirée et qui avait accepté de les raccompagner chez lui après une fête dans le quartier de Pigalle.

“Trois policiers avec des vélos ont frappé à la fenêtre du conducteur parce qu’il ne portait pas de ceinture de sécurité. Je ne voulais pas baisser la vitre. Il a accéléré et s’est arrêté à 30, 40 mètres à cause du trafic […]. Quand nous lui disons d’arrêter, il nous dit qu’il n’a pas la permission. Il est un peu paniqué, un peu stressé, et je vois deux flics s’approcher des vitrines. Tout s’est passé très vite. Je n’ai même pas entendu “Sortez de la voiture” ou “Levez la main”. Ils ont brisé les vitres avec leurs fusils. La scène était très violente.”

Rayana “ne méritait pas tout ça”

Elle dit ensuite avoir demandé au chauffeur de la laisser partir avec son amie. “On lui a dit : ‘Lâchez la voiture, laissez-nous tranquilles, c’est entre vous et eux, nous sommes des victimes’. On lui a dit ‘Tu dois vraiment nous quitter'”, raconte la jeune femme qui quelques instants plus tard va découvrir que son amie est inerte, touchée par les coups.

“Ils ont dû faire une dizaine de prises de vue, ça a pris beaucoup de temps”, explique Inès. Selon elle, « ils n’arrivaient pas à garder la tête froide. Ils ont perdu le contrôle. Quand tu portes un badge, tu es censé garder la tête aussi froide que possible », dit-il, estimant que les tirs auraient pu faire beaucoup plus de victimes :« Il était 10h30 en plein Paris. Il y avait d’autres personnes dans la rue, surtout des enfants. »

Ce mardi, après 48 heures de garde à vue, les trois policiers ont été libérés, mais une information judiciaire a été ouverte contre eux. “Quand j’ai appris que les policiers avaient été libérés de leur garde à vue, j’étais assez nerveux. Maintenant, je peux comprendre que tout cela se jouera plus tard. C’est un juge qui décidera […]. Nous sommes là pour Rayana et c’est pour elle que nous nous battons. Elle est victime de l’histoire. Il ne méritait pas tout ça”, a conclu la jeune femme.

Quant au chauffeur, il a été mis à la disposition de la police mardi, dans le cadre de l’enquête ouverte pour “tentative d’assassinat sur personne dépositaire de l’autorité publique”, a annoncé le parquet de Paris.

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