A Bruxelles, l’abattage rituel reste sous la pression des pratiques religieuses

Julien Uyttendaele du PS prononce un discours lors d’une session plénière du Parlement bruxellois à Bruxelles le 17 juin 2022. NICOLAS MAETERLINCK contre BELGE VIA REUTERS CONNECT

Des partis divisés et renonçant parfois à leurs principes, un gouvernement régional menacé, un affrontement frontal entre principes religieux et laïcs, une odeur enivrante d’électoralisme : voilà ce qui restera d’un intense débat sur l’abattage rituel des animaux qui a eu lieu à Bruxelles-Capitale . , la troisième région belge. Une proposition du parti centriste Parti démocrate fédéraliste indépendant (DéFI), soutenu par les écologistes et les libéraux flamands, qui avait mis le feu aux poudres en octobre 2021, s’est soldée par un vote très serré vendredi 17 juin : 42 contre “des animaux étonnants avant qu’ils ne soient pas”. tués, 38 pour, 6 abstentions. Une conclusion, probablement provisoire, qui ne calmera pas les esprits.

Le texte visait à l’origine à harmoniser la législation de la région avec celle déjà en vigueur en Flandre et en Wallonie. La question du bien-être animal, notamment mise en avant par l’Union professionnelle vétérinaire, qui soulignait qu’un animal égorgé peut mourir jusqu’à quatorze minutes, a cependant été rapidement occultée au profit de considérations politico-religieuses.

Poids du “phénomène communautaire”

Si l’association Gaia Animal Protection avait déposé une pétition de 70 000 signatures en faveur de l’étourdissement, un texte contre elle avait recueilli 110 000 signatures visant à protéger la pratique de la shehita de la religion juive et du dhakât pour les musulmans. Des pratiques qui échappent à l’obligation de désensibilisation avant le massacre promulguée par les normes européennes, et que les deux autres régions belges avaient interdites en 2019, malgré les appels d’organisations musulmanes et juives invoquant le respect de la liberté des cultes.

La Cour constitutionnelle de Belgique et la Cour de justice de l’Union européenne n’avaient pas retenu leurs arguments à l’époque, estimant que l’interdiction de tuer sans étourdir ne violait pas la séparation entre l’État et les cultes ou la liberté de croyance.

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Au fil des mois, de nombreuses questions ont rythmé les débats du parlement régional. Économique, avec la question du maintien de l’emploi dans les abattoirs de la région et le fait que, si l’abattage rituel était interdit, les communautés concernées seraient approvisionnées depuis l’étranger. Scientifique, à la recherche d’alternatives qui réduisent à la fois la souffrance animale et respectent les préceptes religieux. Philosophique, avec l’évocation, par certains élus, de la considération des animaux en tant qu’êtres sensibles, un sujet qui devrait également être au cœur du “code de bonne conduite” pour le bien-être animal que le gouvernement autonome doit définir prochainement. .

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