Emmanuel Macron a rendu visite au personnel de l’hôpital Louis-Pasteur de Cherbourg (Manche), le 31 mai 2022. SAMEER AL-DOUMY / AFP
Focalisé sur les dossiers internationaux et étonnamment discret depuis sa réélection à l’Elysée, Emmanuel Macron a décidé de retourner sur le terrain pour traiter des problèmes franco-français. Et donc, pour tenter de contrecarrer le processus d’immobilisme – voire d’absentéisme – que l’opposition commence à instruire contre lui. Un mois après son dernier déplacement sur la scène nationale “contact”, le chef de l’Etat s’est rendu à Cherbourg, sur le Canal, mardi 31 mai, pour enquêter sur la “crise systémique” du secteur de la santé, avec des hôpitaux congestionnés et en croissance. déserts médicaux. Et, surtout, à court terme, pour voir comment réagir face à une situation jugée très critique dans les services d’urgence. Avec un manque de personnel qui augure d’un été difficile à gérer, sur tout le territoire.
Selon son entourage, le chef de l’Etat voulait “prendre le pouls” du service des urgences de Cherbourg, qui compte six soignants, alors qu’il en faudrait vingt-cinq pour soigner correctement les patients. Ils l’ont servi. Dès son arrivée à l’hôpital public du Cotentin en fin d’après-midi, Emmanuel Macron a fait face à une série de témoins, certains plus alarmistes que d’autres. Comme une succession de cris sincères de ces lanceurs d’alerte en robe blanche, qui dénonçaient leurs conditions de travail de plus en plus difficiles. “C’est simplement venu à notre connaissance à ce moment-là. Nous sommes au bout”, a déclaré un urgentiste lors d’une table ronde, avec “tous les acteurs de santé” (urgentistes, infirmiers, médecins généralistes, administration), “l’accès aux soins urgents et non programmés”. Les médecins s’alarmaient auparavant de devoir travailler avec des “personnels épuisés”, de plus en plus susceptibles de “partir” après avoir passé deux ans en première ligne pendant la crise du Covid-19, 19.
“La situation est très, très grave”, a prévenu le Dr Antoine Leveneur, président du syndicat régional des médecins libéraux. “Il n’y a plus d’armes à l’hôpital et plus d’armes en ville”, a-t-il dit, résumant le problème : “Comment organiser les soins pour répondre aux besoins de la population ?” La plupart ont dit ressentir “une perte de sens” dans leur travail. “C’est difficile d’embaucher, il y a un vrai malaise dans la profession”, explique un responsable des urgences, avec “des soignants impactés sur leurs valeurs”. “C’est difficile de renvoyer quelqu’un chez lui et de lui dire qu’il n’y a rien d’urgent. C’est l’être humain que nous gérons avant tout. »
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