A Paris, Billie Eilish communique avec un public “plus heureux que jamais”

L’Américaine Billie Eilish chante “Happier Than Ever” lors des 64e Grammy Awards à Las Vegas, Nevada, le 3 avril 2022. MARIO ANZUONI / REUTERS

Comme une cocotte-minute, l’Accor Arena émet d’abord des sifflets extatiques. Comme si une longue attente – mis en vente il y a un an, les 20 000 places de l’enceinte parisienne avaient trouvé preneur en quelques minutes – rendait la bulle interne incontrôlable.

Jusqu’à ce que Billie Eilish, propulsée par un trampoline, saute soudain sur scène, comme un diable dans sa loge, le mercredi 22 juin, pour l’unique concert en France de sa nouvelle tournée, qui porte le nom de son deuxième album, Happier ThanEver. .

Une apparition dans la lignée de son ascension fulgurante sur la scène pop, captée en 2019 par cette jeune fille de 17 ans et son premier essai, When We All Fall Asleep, Where Do We Go ?, chantant l’anxiété adolescente sur fond de toile. de cœurs aussi macabres que poisseux.

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Sept Grammy Awards et un Oscar plus tard, le phénomène générationnel n’a cessé d’en croire la ferveur d’une arène bondée de jeunes filles qui encaissent d’un cœur assourdissant presque toutes les vingt-cinq chansons jouées à Bercy.

L’idolâtrie peut provenir d’une forme d’inaccessibilité, qui par “Billie!” Gamelle! Gamelle! il semble se nourrir d’identification. Avec son tee-shirt rose “oversize”, l’effigie de femmes dans ses bras, son cuissard et ses baskets touchant le sol au rythme de danses rebondissantes, la chanteuse ressemble plus à une amie fanatique du manga qu’à une star qui choisit de distinguer. lui-même pour son glamour et l’exagération de son sex-appeal.

Energie radiante

Une proximité qui s’est nouée autour de morceaux qui partagent malaises, pulsions suicidaires, problèmes de santé mentale, avoir le bon goût de faire danser ou rêver les monstres qui peuplent cette instabilité. En fond d’écran, plusieurs créatures coquines : le colosse gothique de Bury a Friend, les chiens menaçants de I Didn’t Change my Number, l’araignée géante de You Should See Me in a Crown, les requins d’Ilomilo… aussi troublants qu’excitants.

Habitée d’une énergie rayonnante, alors que ce spleen pourrait tout assombrir, Billie Eilish remplit l’espace de sa présence malgré le minimalisme de son accompagnement. A droite de la scène, le batteur Andrew Marshall réchauffe l’omniprésence des machines avec ses tubes. Quand, en revanche, la figure timide du frère de Billie Eilish, Finneas O’Connell, affiche son talent de multi-instrumentiste (guitare, basse, claviers, etc.). Co-compositeur, chef d’orchestre et “meilleur ami” de sa soeur, de quatre ans sa cadette, prolonge sur scène l’autarcie créative qu’il fait de son succès.

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