A Paris, la marche des fiertés prend de nouvelles couleurs, après deux ans de pandémie

Des milliers de personnes descendent dans les rues de Paris pour la marche des fiertés, le 25 juin 2022. THOMAS PADILLA / AP

Licornes, paillettes, strass et sonorité géniale : malgré un ciel parisien très gris, la marche de la pride LGBTQ+ a repris des couleurs samedi 25 juin, après deux ans entachés par la pandémie de Covid-19. Peu après 14h30, une foule compacte s’est précipitée du Golden Gate (12e) vers la place de la République, sous une pluie fine et dans une ambiance festive comme c’est le cas depuis les années 1970.

Parapluies et couches arc-en-ciel parsemaient le cortège, parmi les différents chars d’associations LGBTQ+ ou de collectivités d’entreprises comme Air France ou la SNCF. Les autorités, qui prévoyaient de mobiliser entre 25 000 et 35 000 personnes dans la capitale, avaient décidé de renforcer la sécurité au lendemain de la fusillade meurtrière à Oslo près d’un club gay.

Mais il n’y avait aucune inquiétude parmi les participants. Plusieurs d’entre eux ont affiché des affiches “free hug” (câlin gratuit), appelés à “imaginer la vie heureuse” ou encore clamé, “nous ne sommes pas des monstres”. Autour du cortège, des vendeurs de chapeaux, drapeaux, sifflets et autres friandises aux couleurs de l’arc-en-ciel approvisionnaient les troupes.

Contre les violences transphobes

Le slogan choisi cette année par l’association collective Inter-LGBT, qui organise cette marche, est : « Nos corps, nos droits, vos visages ! Une formule virulente assumée qui vise surtout à protester contre la “banalisation” des “discours LGBTQIphobes et surtout transphobes”, trop souvent ignorés par les pouvoirs publics, selon eux.

La marche est également en solidarité avec l’Ukraine. Comme symbole, c’est Anna, une militante lesbienne de ce pays en guerre depuis le 24 février, qui a été la première à prendre la parole sur la place du chef.

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“Il y a deux situations qui ont vraiment changé ma vie : un très mauvais départ il y a douze ans et puis la guerre”, a-t-elle déclaré en français, heureuse d’être devant “des gens libres et courageux et demandant du soutien.

D’autres prises de parole ont suivi pour dénoncer l’homophobie, mais aussi pour s’inquiéter de la montée de l’extrême droite, pour mettre en lumière le sort des migrants LGBTQ+ ou pour bousculer la décision de la Cour suprême américaine vendredi de révoquer le droit à l’avortement. Un militant a également insisté sur le fait que la marche est “un grand moment de protestation” et non “une grande fête colorée avec de la bonne musique”.

Engrenages alternatifs

Mais parmi les gens, l’ambiance était joyeuse. Venue d’Alba avec sa femme, Sandrine Martineau, 51 ans, joueuse de plumes, s’est dite “fière” et “impressionnée” par la foule. De nombreux jeunes étaient présents, comme Sandra Vail, 19 ans, “fière de représenter la communauté LGBT” et de “montrer que l’amour n’a pas de sexe”.

Non loin de là, Eloïse, 15 ans, venue d’Etampes avec des amis pour sa première balade, a entendu “dire on est là, on existe” et était ravie de passer du temps avec d’autres LGBTQ+ car “au collège, il y a sont. peu de gens…”. Stone sequins collés au front, Jennifer Than, 22 ans, pour qui elle était aussi une première, a insisté sur le fait qu'”il faut accepter tout le monde et c’est tout !”

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Dans l’après-midi, les organisateurs avaient prévu trois minutes de silence en l’honneur des victimes du sida. En fin de journée, un concert était également au menu avec une centaine d’artistes dont Bilal Hassani, ancien candidat français à l’Eurovision.

A cette manifestation habituelle s’ajoutent ces dernières années des marches alternatives, déployant d’autres slogans et revendications, souvent plus vindicatifs. Le 4 juin, un millier de personnes ont défilé sur Saint-Denis pour la deuxième « fierté de banlieue ». Et le 19 juin, selon les associations, ils étaient environ 50 000 à Paris à la « Radical Pride » anticapitaliste et antiraciste.

Le monde avec l’AFP

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