Emmanuel Macron convoquera un nouveau type de Conseil de défense ce vendredi à l’Élysée. En effet, il sera dédié aux problématiques liées à l’approvisionnement en gaz et en électricité. Ce mardi matin, Philippe Corbé, chef de notre service politique, a analysé la raison d’être et les principaux sujets du meeting.
Plus de deux ans de Covid nous ont habitués au retour régulier du Conseil de défense sanitaire à l’agenda de l’Elysée. Les turbulences géopolitiques provoquées par la guerre entre la Russie et l’Ukraine et l’explosion attendue des prix du gaz et de l’électricité pourraient nous amener à nous habituer à une nouvelle rencontre.
Emmanuel Macron réunira, en tout cas, un premier Conseil Énergie Défense autour de lui à l’Élysée ce vendredi. Philippe Corbé, responsable du service politique de BFMTV, a analysé les enjeux en plateau ce mardi matin :
“Si des entreprises doivent réduire ou arrêter leur activité du jour au lendemain par manque de ressources énergétiques, ce qui est en jeu c’est l’économie et donc la souveraineté de la France. Donc l’exécutif veut organiser la réduction de la consommation d’énergie au lieu de nous mettre en une position où nous devrions souffrir.”
“Mais attention, pour les particuliers, on restera au stade incitatif. Il y aura une campagne d’information sur les éco-gestes. Certains diront que ce n’est pas suffisant, mais c’est incitatif”, a-t-il précisé.
Le fait du prince ?
Mais ce faisant, l’exécutif s’expose à une autre forme de critique de l’opposition : celle dirigée contre l’acte du prince, et la tendance présumée du chef de l’État à prendre ses décisions en dehors du Parlement dans des instances à la fois discrètes et discrétionnaires.
“Les opposants diront encore qu’il est favorable à une enceinte restreinte pour organiser sa gestion de crise. Mais s’il y a vraiment un problème de sécurité nationale dans les mois à venir, c’est notre approvisionnement énergétique”, assure Philippe Corbé.
Le Conseil Énergie Défense de vendredi devrait surtout renouveler l’appel à la responsabilité des entreprises lancé lundi par Élisabeth Borne, la Première ministre, devant le Medef.
“L’effort devra porter sur les entreprises qui, dans un mois, devront définir un plan sobriété. Et si dans un mois ces plans sobriété ne sont pas à la hauteur, le gouvernement organisera des réductions de consommation d’énergie”. Philippe Corbé a suivi.
“C’est du rationnement, mais ça va se concentrer d’abord sur les entreprises”, a-t-il poursuivi : “Pourquoi ? Pour éviter de se retrouver dans une situation où en février s’il fait froid, Poutine coupe le gaz et là, rationnement pour tout le monde.”
Robin Verner Journaliste BFMTV