Le pape François, au Vatican, le 21 octobre 2022. ANDREW MEDICHINI / AP
Alors que les affrontements se poursuivent en Ukraine, le propos pourrait sembler incongru dans certaines capitales européennes, dont Kyiv, qui ne veulent pas entendre parler d’un accord de paix avec la Russie : Emmanuel Macron a dû profiter de son déplacement à Rome, dimanche. 23 octobre et lundi 24 octobre, pour nourrir la perspective, encore lointaine, d’une négociation entre les deux pays ennemis, huit mois après le déclenchement de l’invasion russe.
Dès le dimanche après-midi, le chef de l’État est invité à inaugurer la conférence annuelle de la Communauté de Sant’Egidio, intitulée “Le cri de la paix”. Elle devait se poursuivre par un dîner en compagnie d’intellectuels et de religieux offert par le fondateur de ce mouvement, Andrea Riccardi, soucieux du dialogue interreligieux et connu pour ses actions de médiation en Afrique, en Amérique latine et dans les Balkans. Andrea Riccardi a expliqué, dans une interview au Monde, qu’il souhaitait, à l’occasion du Rassemblement de Rome, “recréer et porter une culture de la paix sur le devant de la scène internationale”. Macron rencontrera lundi matin le pape François, notamment depuis l’Ukraine, moins d’un an après sa dernière visite au Vatican en novembre 2021.
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Dans son discours de Sant’Egidio, le chef de l’Etat devrait replacer le conflit entre l’Ukraine et la Russie dans le contexte international du moment, celui d’un monde de plus en plus fragmenté. “L’idée sera de prendre en compte et de traiter les différentes crises qui ravagent aujourd’hui notre planète, qu’elles soient climatiques, les inégalités ou encore la guerre que la Russie mène en Ukraine, et de réfléchir aux différentes manières de construire la paix”, a déclaré Elisi. en prélude à la visite.
Crainte d’une nouvelle escalade sur la Crimée
Officiellement, il n’est pas question d’entamer une quelconque médiation, même si M. Macron a tenté ces dernières semaines d’avancer cette perspective pour que, le moment venu, la France et l’Europe soient à la table des discussions. A Prague, lors du sommet de lancement de la Communauté politique européenne le 6 octobre, il s’est entretenu avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, seul dirigeant à ce jour en position centrale entre Moscou et Kyiv, des objectifs et de la méthode à mettre en place. place. dans le but d’organiser d’éventuelles discussions.
Pour le chef de l’Etat, celles-ci ne peuvent en aucun cas avoir lieu avant que les Ukrainiens, en pleine contre-offensive dans le Donbass et la région de Kherson, ne se décident à le faire, alors qu’ils estiment avoir atteint leurs objectifs de guerre. Sans le dire ouvertement, Paris redoute néanmoins une tentative de reprise de la Crimée par les armes, craignant qu’elle ne soit le prétexte à une nouvelle escalade de la part de la Russie. Cette vision contraste, sur le continent, avec les positions des alliés les plus fervents de l’Ukraine, qui soutiennent ses efforts pour récupérer tous les territoires occupés, y compris la péninsule unilatéralement annexée par Moscou en 2014, et qui n’attendent qu’une chose : que Vladimir Poutine soit jugé pour crimes de guerre ou agression.
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