Jusqu’où vont les mensonges d’Adrien Bocquet ? Le 24 mai, Voir les nouvelles a révélé la portée des inventions du Français lors de son voyage humanitaire en Ukraine au cours duquel il a affirmé avoir été témoin de crimes de guerre perpétrés par des soldats de Kyiv, membres du bataillon Azov. Des inventions évidentes qui n’ont pas empêché Moscou de reprendre cette histoire fantaisiste dans un document très officiel transmis fin mai à l’ONU. Mais la suite de nos recherches montre que les inventions de l’ex-soldat vont bien au-delà de l’Ukraine. De fait, son passé militaire est bien éloigné du tableau qu’il aime brosser lors de ses apparitions médiatiques et littéraires : il n’a jamais été commando, il a créé des événements de toutes pièces, et selon le président de l’un d’entre eux, trompé les associations d’anciens combattants.
Adrien Bocquet est systématiquement présenté comme un ancien militaire dans ses nombreuses apparitions médiatiques. Ce fut le cas lors de sa tournée de plateau pour parler de son voyage en Ukraine, ou encore lors de la promotion de son livre. Lève-toi et marche, où il raconte sa blessure, sa paralysie et son parcours difficile pour retrouver sa mobilité. La plupart du temps, il est présenté plus précisément comme un carabinier commando, titre prestigieux qu’il porte, et qui a contribué à sa médiatisation. Après notre premier article, l’Air Force a publié une clarification dans laquelle elle disait Voir les nouvelles qu’Adrien Bocquet avait vraiment”il a été blessé lors de l’entraînement de son commandant de fusil. » Par conséquent, “Je n’ai pas pu le finir, donc ça n’a jamais été un commando de l’armée de l’air».
Moins de deux ans de service effectif
Selon les informations obtenues par Voir les nouvelles et confirmé par le ministère des Armées, le temps passé par Adrien Bocquet sur le drapeau est relativement court. Il fait son premier stage dans l’armée de l’air dans un escadron de protection du 27 juillet 2009 au 25 juillet 2010, date à laquelle le jeune militaire met fin à son contrat. Comprenez qu’il quitte l’armée pour la première fois, de sa propre initiative. Il est ensuite retourné dans ce corps militaire du 19 avril 2012 au 27 mars 2013, date à laquelle il a été mis à pied à long terme. Et cela jusqu’à ce qu’il soitremis à neuf en permanence en raison d’une interdiction de service après avoir épuisé ses droits à un congé de maladie de longue durée en mars 2016», précise le ministère des Armées.
Comme nous l’écrivions dans nos précédentes recherches, Adrien Bocquet est commerçant depuis 2012 dans un escadron de ravitaillement et de soutien logistique sur une base aérienne, ce qu’il rapporte également dans son livre. Parmi ses anciens collègues, il a surtout laissé le souvenir d’un grand rassemblement. Voir les nouvelles échangé avec un soldat qui se trouvait sur la même base aérienne que lui à l’époque. “Je ne le connais pas depuis longtemps, mais il a menti plusieurs fois pendant la courte période où je l’ai rencontré. Une base est un village, tout le monde se connaît. Nous nous rencontrions souvent le soir, à [cantine] à partir de zéro, c’est là que je l’ai rencontré. Il a commencé à nous dire qu’il était instructeur de tir pour les officiers, ce qui m’a surpris. Il a découvert qu’il avait dit au garçon de la cantine qu’il était au DRSD [Direction du renseignement et de la sécurité de la Défense, soit le service de renseignement de l’armée, ndlr], qui n’a rien à voir. Il s’est fait passer pour un James Bond, par un Daniel Craig “.
Toujours selon le militaire qui l’a rencontré, Adrien Bocquet s’appelait alors Paul Mahieu, un surnom que l’on retrouve dans l’url de son compte Facebook. “Un gendarme de l’air recherché Paul Mahieu [dans les fichiers] sans rien trouver. Il a fini par voir qu’il y avait Bocquet marqué sur son treillis, ils ont cherché ce nom et nous ont dit de ne pas le croire, ils nous ont prévenus que c’était un mythe. Alors on a arrêté de le regarder. »
Adrien Bocquet non seulement n’a pas terminé sa formation de commando, arrêté suite à un accident, mais, selon nos informations, ce dernier n’était pas non plus assistant médical (un poste de gardien) dans l’armée. , comme il l’affirme encore largement aujourd’hui et aujourd’hui. son livre:Il n’y a aucune trace dans son dossier administratif d’une implication en tant qu’assistant médical au sein de l’armée de l’air.», confirme un Voir les nouvelles le ministère des Armées.
Le sauvetage imaginaire d’un pilote de Mirage
Pourtant, parmi les faits d’armes qu’Adrien Bocquet revendique dans son livre, en tant qu’assistant de santé, ce dernier relate une scène qui se serait déroulée à l’étranger. Il y aurait eu un crash d’un avion de chasse, un Mirage 2000. Il écrit : “On ne sait pas s’il s’agit d’un bombardement ou d’un attentat, mais on comprend très vite qu’il faut se rendre sur place pour aider le pilote. Aidés par des commandos, nous partons en direction de l’accident sans savoir ce qui nous attend. Je me sens à la fois anxieux et excité. Nous sommes en pleine nuit, la chaleur a laissé place au vent glacial qui nous donne une gifle.“Ce dernier explique alors comment, n’écoutant que son désir d’action, il aurait désobéi à son supérieur pour retrouver le pilote de l’avion après plusieurs heures :”Soudain, je ne sais par quel miracle, le pilote, qui avait été éjecté de son avion, se retrouve devant nous, allongé sur le sol. […] L’homme allongé au sol est inconscient et, à première vue, paraplégique.Et d’ajouter comment son chef d’unité l’aurait félicité, sans que la reconnaissance officielle ait eu lieu.
Selon les informations transmises par l’Armée de l’Air à Voir les nouvelles, Adrien Bocquet n’a jamais été impliqué dans une opération extérieure. Comprenez : il n’est jamais parti à l’étranger comme soldat dans l’armée française. Les militaires n’ont donc également trouvé aucune trace d’un emploi d’assistant médical, et encore moins d’une intervention dans un accident d’avion en tant que soignant. Face à ces éléments, Adrien Bocquet nous a d’abord menacés de poursuites judiciaires, avant de nous fournir une prétendue preuve de ce fait, c’est-à-dire une photo, à la seule condition de ne pas la diffuser : «Je t’enverrai une photo qui est classée ! Vous aurez enfin la preuve que vous voulez.
Fait intéressant, Adrien Bocquet ne semble pas avoir jugé nécessaire de prendre les mêmes précautions il y a deux ans, lorsqu’il a été autorisé à partager cette même photographie lors d’une visite au salon. Ne touchez pas à ma TV au C8. La photo a même été diffusée sans brouiller le numéro d’identification de l’appareil cette fois. Il a également été transmis à d’autres journalistes comme preuve de sa carrière militaire. Sur la photo, on reconnaît le jeune soldat en tenue de treillis, posant devant une cabine d’un Mirage 2000 en mauvais état. Ce dernier porte une chasuble orange à motifs”Équipe médicale“ce qu’il considère être”preuve de l’existence de ce choc de [sa] présence en tant qu’auxiliaire de santé“, ajoutant que nous ne pouvions pas donner plus de détails sur le lieu et la date des événements.
La “preuve” apportée par Adrien Bocquet de sa présence sur les lieux du crash d’un Mirage 2000 où il affirme avoir aidé le pilote expulsé. (RD)
Mais la chasuble et les maigres éléments transmis par Adrien Bocquet ne prouvent rien. Pire, ils exposent la grande imposture. Voir les nouvelles réussi à identifier l’accident en question à partir de la photographie transmise par l’ex-soldat. Les accidents du Mirage 2000 sur le territoire français sont rares. Et ils ne passent vraiment pas inaperçus. Ils n’étaient que deux lors du bref service d’Adrien Bocquet, dont un le 11 mai 2010, à côté de la base aérienne de Mont-de-Marsan (Landes). Base où Adrien Bocquet a stationné du 27 juillet 2009 au 25 juillet 2010. C’est le mirage tombé ce jour-là que l’on voit sur la photo.
Cet accident accidentel, dû à une faute, n’est pas classé. Il a été rapporté par la presse locale et nationale dès qu’il a eu lieu, et les autorités ont spontanément communiqué sur le sujet. Le ministère des Armées a également publié un rapport de 46 pages sur l’accident détaillant les circonstances de l’accident et la séquence des événements. Concrètement, on peut trouver en page 13 une photographie de l’enveloppe du Mirage 2000, en tous points similaire à celle transmise par Adrien Bocquet, à l’exception de l’ex-militaire.
Un accident à l’étranger ? Pas du tout, un accident dans les Landes, retransmis par la presse et documenté par le ministère des Armées.
L’accident ne s’est pas produit à l’étranger, mais en France. Ce qui est presque anecdotique face au mensonge principal : loin d’un sauvetage tant attendu en pleine nuit, le rapport et les articles de presse rapportent que le pilote a été secouru. »par les pompiers de la base aérienne, moins d’une heure plus tard, sains et saufs“, et non “à première vue, paraplégiquecomme dans l’histoire d’Adrien Bocquet. Le pilote n’a pas eu besoin d’être secouru par Bocquet ou qui que ce soit, selon la même source, puisqu’il a même appelé lui-même à l’aide. L’armée de l’air confirme que ce dernier fait toujours partie de ses rangs, en service à l’étranger. Le ministère dit n’avoir aucune information sur l’implication d’Adrien Bocquet dans d’éventuels sauvetages de pilotes. »Quel…