Pour La Provence (avec AFP)
Il n’y aura pas de second procès au Bac Nord de Marseille : le parquet général d’Aix-en-Provence a officiellement renoncé à faire appel contre la condamnation d’avril 2021 qui s’était soldée par sept acquittements et condamnations pour 11 prévenus.
“Après réexamen des actes d’accusation et des pièces à décharge de chacun des prévenus et analyse de la motivation de la décision contestée, le parquet général a décidé de retirer les recours”, a indiqué samedi à l’AFP le parquet d’Aix. -en-Provence, confirmant une information de France Bleu.
“En conséquence, la peine prononcée par le tribunal correctionnel de Marseille devient définitive”, a-t-il déclaré.
Après deux semaines d’audience, dans un jugement rendu le 22 avril 2021, seuls onze des dix-huit policiers poursuivis avaient écopé de peines de prison, allant de deux mois à un an avec sursis. Le procureur André Ribes avait pourtant requis des peines de un à trois ans de prison, dont six mois pour dix des dix-huit prévenus. Aucune libération n’avait été demandée.
En mai 2021, le parquet de Marseille a déposé un recours, de manière “dirigée”, contre 12 policiers sur un total de 18. Seules certaines des allégations présumées aux anciens policiers de la brigade anti-criminalité des quartiers nord de Marseille qui ont été acquittés étaient concernées par ces appels.
Le parquet avait remarquablement fait appel de la liberté dictée par le vol présumé de 9 000 euros à un trafiquant interpellé avec des milliers d’euros de billets dans sa voiture, le 31 août 2012, dans la ville de Font-Vert.
Les dix-huit anciens « baqueux » avaient été jugés pour acquisition, possession et transport de stupéfiants, mais aussi pour vols divers, d’argent, de stupéfiants ou de cartouches de cigarettes.
Au moment des faits, il y a dix ans, le procureur de Marseille Jacques Dallest avait parlé de “gangrène”, accusant ces policiers d'”utiliser la bête”, de “prendre la dîme” des trafiquants et revendeurs dans la cachette qu’ils contrôlaient sur les domaines.
Quelques semaines seulement après la clôture du procès, cette affaire du Bac Nord de Marseille a fait son avant-première sur grand écran, avec “Bac Nord”, réalisé par Cédric Gimenez. Le film avait été projeté hors compétition au Festival de Cannes quelques semaines plus tôt. Tourné avant le procès et son procès, le film adoptait la ligne défendue par la police mise en cause, selon laquelle ces dérives n’étaient que le résultat de la politique du chiffre entretenue par sa hiérarchie.