Affaire Damien Abad : Le ministre est-il accusé de viol hors forêt ?

DAMIEN ABAD. La justice a décidé de ne pas ouvrir d’enquête “en l’état” sur Damien Abad, accusé de viol. Une décision prise “faute de preuves permettant d’identifier la victime des faits allégués”.

Résumé

[Mis à jour le 27 mai 2022 à 12h45] L’affaire a écourté la nomination du gouvernement. Dès que les noms des nouveaux ministres ont été connus, ils ont été emportés par le scandale autour de Damien Abad, le ministre des Solidarités nommé le 20 mai 2022. Au lendemain de son entrée dans l’exécutif, celui qu’il cite tout au long de la presse suite aux révélations de Mediapart sur les allégations d’agressions sexuelles à son encontre. Deux femmes ont témoigné dans les colonnes des médias le 21 mai et soutiennent l’ancien président du groupe LR à l’Assemblée nationale de viols qui auraient eu lieu en 2010 et 2011, selon elles. Damien Abad « conteste les allégations avec la plus grande fermeté » et a déclaré à deux reprises, dans un communiqué et lors d’une conférence de presse le 23 mai, qu’il ne pouvait pas commettre les actes qui lui sont reprochés en raison de leur handicap.

Le tribunal des médias s’est emparé de l’affaire, ce qui n’est pas encore le cas devant les tribunaux. En 2012 et 2017, l’un des prévenus a porté plainte pour agression sexuelle contre Damien Abad, mais à chaque fois l’affaire a été classée sans suite. De récentes révélations sur des accusations de viol auraient pu donner lieu à une nouvelle enquête, d’autant que le parquet de Paris a reçu et analysé deux rapports sur la ministre transmis mi-mai par l’Observatoire des violences basées sur le genre en politique. Enfin, le tribunal a décidé, le 25 mai, de ne pas ouvrir d’enquête “en l’état”, “faute de preuves permettant d’identifier la victime des faits dénoncés et, par conséquent, faute de possibilité de procéder à votre examen détaillé”. Une décision que Rachel-Flore Pardo, avocate et fondatrice de l’association féministe Stop Fisha, surprend. Mais la jeune femme ne désespère pas et rappelle sur France Inter le 26 mai : “Il n’y a pas d’enquête aujourd’hui, mais ça ne veut pas dire qu’il n’y aura pas de lendemain.”

Damien Abad n’est pas encore sorti de la forêt, on assiste plutôt à un statu quo qui crée des remous au sein du gouvernement. La nomination de l’ancien LR comme ministre devait être une “prise de guerre” par Emmanuel Macron pour lui permettre de donner l’heure à la droite traditionnelle et s’avérer finalement être un premier scandale à gérer pour l’exécutif. Principalement parce que des rumeurs sur la réputation de Damien Abad et certains comportements envers les femmes étaient connus des républicains, ainsi que de l’Élysée et du gouvernement. Le même responsable a déclaré avoir entendu parler des accusations portées contre Damien Abad avant de le nommer ministre. Seule Matignon continue de dire le contraire et affirme que “le Premier ministre a découvert le détail des charges retenues contre Damien Abad dans l’article de Mediapart. Considéré comme une ombre au sein du conseil, Damien Abad reste en poste pour l’instant mais Elisabeth Borne a assuré sur Le 22 mai que « si justice est à nouveau rendue, nous en tirerons toutes les conséquences. Cela pourrait arriver plus vite que prévu car si l’un des prévenus ne veut pas porter plainte, le second n’exclut pas de revenir en arrière. à un poste de police “il aimerait bien”.[t] à voir comment l’éviter”, selon franceinfo.

Damien Abad impliqué dans une affaire de meurtre ?

Le scandale autour de Damien Abad et les allégations de viol à son encontre n’ont pas eu le temps de s’éteindre pour que le nom du ministre soit enfermé dans une toute autre affaire : la tentative d’assassinat. L’affaire découverte à l’été 2020 s’inscrit dans un vaste complot, mais le député de l’Ain est plus précisément lié à la tentative d’assassinat d’un syndicaliste et employé d’une entreprise de plasturgie près d’Oyonnax, selon les informations de Libération. L’assassinat a été ordonné par les patrons de l’employé, Muriel et Laurent. C’est ce dernier qui cite le nom de Damien Abad lors d’une touchante conversation avec Muriel : “[Damien Abad] veut savoir où il se trouve. » Selon le journal, l’adjoint de l’Ain a proposé « d’appeler le préfet » et le procureur pour « essayer d’aller à la pêche aux informations » et découvrir une enquête. et Muriel de déclarer dans un « article du Progrès ” pour “calmer les choses”, ajoute Libé.

Interrogé sur ce dossier par Libération, le ministre des Solidarités affirme “qu’il n’a répondu ce jour-là qu’à un ami en larmes” pour “remonter le moral”. Il justifie son échange avec les commanditaires du meurtre : “J’ai demandé ce qui se passait, c’est tout. Je ne me permettrais pas d’interférer” dans l’enquête. Cependant, il nie tout contact avec le procureur et affirme que son ami, Laurent, “dit n’importe quoi” dans la conversation où son nom apparaît.

Le 21 mai 2022, au lendemain de sa nomination au poste de ministre des Solidarités, Damien Abad est visé par un article de Mediapart relatant deux cas présumés d’agressions sexuelles. Deux jeunes femmes accusent le ministre et ancien président du groupe LR à l’Assemblée nationale d’avoir abusé d’elles. Selon les accusations, les faits allégués remontent à 2010 et 2011. En 2017, une plainte a été déposée contre Damien Abad et a été classée sans suite, “faute de crime suffisamment grave”, la deuxième victime présumée n’ayant pas porté plainte contre le ministre. . En plus de rendre compte des témoignages des deux filles, les médias ont révélé que Les Républicains, l’ancien parti de Damien Abad, et La République en marche, le nouveau camp politique du ministre, avaient été avisés le 16 mai de signalements à Damien Abad, par une lettre de l’Observatoire sur les violences basées sur le genre et les violences sexuelles en politique.

Mediapart a publié un article le 21 mai 2022, relatant deux événements distincts. La première affaire remonte à 2010. La deuxième agression présumée a eu lieu l’année suivante.

L’histoire de l’accusatrice Chloé

Chloé (nom supposé) évoque une rencontre avec Damien Abad durant l’été 2010, lors d’un mariage où la tentative de séduction aurait été immédiate et déjà insistante. Il reste malgré tout, dit-il, admiratif du “parcours” de l’élu, malgré son handicap. Les tentatives à ce moment-là se seraient poursuivies sur les réseaux sociaux et Chloé elle-même devra contacter Damien Abad pour des raisons professionnelles. Lors des déplacements entre Paris et Lyon, la jeune femme, qui vivait alors une période “sombre” professionnellement et émotionnellement, aurait refusé plusieurs invitations à boire un verre. D’ici là, il aurait finalement cédé à l’automne 2010.

La rencontre aurait eu lieu dans le 9e arrondissement de Paris. “Offrir du champagne, j’ai bu un verre. Et là, c’est parti, jusqu’au lendemain matin. Ça ne m’était jamais arrivé, surtout après un verre”, a confié Chloé à Mediapart. Le réveil, dans une chambre d’hôtel, “le coton”, le “corps”. […] abasourdi, endolori et endolori », a-t-il dit. dernier. réunion en septembre 2012 en marge d’une réunion professionnelle commune, suivie de nouvelles invitations insistantes sur Internet.

Evidemment, sous la forme d’un démenti, Chloé mettra des années à s’exprimer publiquement sur ce qu’elle dit avoir vécu en 2010, d’abord à travers un tweet suite au mouvement #Metoo, puis en avril 2022, interpellant directement la future ministre : « Ne tu vois quel scandale ce serait pour un violeur de devenir ministre ?” Une fausse question à laquelle Damien Abad aurait simplement répondu par deux points d’interrogation. Il dit qu’il parle aujourd’hui pour que d’autres femmes n’aient pas à subir le même traumatisme.

L’histoire de l’accusatrice Margaux

L’histoire de Margaux (nom d’emprunt également) est intégralement retranscrite dans Mediapart. Margaux et Damien Abad se seraient rencontrés en 2009 alors qu’ils évoluaient dans le même cercle. Elle avait 22 ans et était une militante centriste. Il avait 29 ans, était déjà député européen et présidait la Jeunesse du Nouveau Centre. Dans son témoignage, Margaux reconnaît qu’en avril 2010, elle voulait que le jeune homme la remarque et aurait composé le « flirt » qui aurait débuté avec la politique via SMS. Il affirme avoir reçu rapidement des messages devenus “très insistants”. Dans sa version des faits, Margaux précise que Damien Abad l’avait invité à venir chez lui à plusieurs reprises et aurait persévéré malgré les différents négatifs subis. Avant son premier entretien privé, plusieurs pétitions auraient échaudé Margaux, comme elle les décrit, comme une proposition du député “trio” ou des demandes répétées pour recevoir des photos intimes : “Prenez 30 secondes. C’est parti. J’attends votre photo”. “Votre visage et votre poitrine ensemble.”

Margaux raconte qu’on lui a demandé à plusieurs reprises de se rendre chez l’eurodéputé, …

Leave a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *