Le procureur général essentiel Nicolas Ruff vient de demander 20 ans de prison pour Joël Bourgeon, accusé du meurtre de Martine Escadeillas le 8 décembre 1986 à Ramonville Saint-Agne, près de Toulouse.
Joël Bourgeon, dont les yeux n’ont pas quitté le procureur général, est descendu devant les jurés du tribunal des Assins de Haute-Garonne pour célébrer sa mise en examen, secoue la tête, négativement. Des applaudissements non désirés éclatent, vite noyés par les cris de désespoir des deux filles et de la femme de Joël Bourgeon.
Cette scène de tension vient d’éclater ce mercredi en fin de matinée devant la cour d’assises de la Haute-Garonne. Le procureur général Nicolas Ruff a requis 20 ans de prison contre Joël Bourgeon, 58 ans. Un homme accusé du meurtre de Martine Escadeillas le 8 décembre 1986 à Ramonville-Saint-Agne près de Toulouse. Cet homme a été interpellé en 2019, près de Grenoble. Il a avoué en garde à vue avant de se rétracter et de nier.
“Vous fuyez votre propre faute”
“Monsieur Bourgeon, vous êtes le premier à vous exprimer à l’imparfait sur Martine Escadeillas lors de votre audition, dès le 17 décembre 1986”, prévient le représentant du procureur qui ne doute pas de l’intention homicide de l’accusé. “Lorsque nous attaquons une personne au troisième étage. Lorsque nous attaquons à nouveau les caves. Lorsque nous cachons ensuite le corps, puis lorsque nous le faisons disparaître, nous avons bien une intention homicide, même pour quelques secondes.”
Lors de sa fuite vers Lyon début 1987, Nicolas Ruff observe : « Vous ne fuyez pas la police, ni votre responsabilité pénale. Vous fuyez votre cour intérieure, votre propre culpabilité. à Martine. Escadeillas. Oui, tu étais physiquement présent les jours suivants. Tu peux tuer et être triste d’avoir tué. Tu peux tuer et ne pas supporter l’idée d’avoir tué.
“La famille Escadeillas, le noir du drapeau en berne sur le drapeau de l’espoir”
Et sur les aveux, “qui ne vous ont pas extorqué et qui ne sont pas de faux aveux”, le procureur général déplore “qu’ils se soient arrêtés à mi-chemin”. “Vous n’êtes pas un monstre, Monsieur Bud. Et ce n’est pas facile d’admettre ce que vous avez fait quand vous êtes une personne intégrée, avec une famille aimante. Mais vous pouvez quand même dire ce que vous avez fait, dire où vous vous êtes caché.” Martine Escadeillas ‘ corps. “.
Face à cette accusation, avec force, Me Frédéric David dur contre Joël Bourgeon “forcément coupable, menteur inébranlable” a su porter la parole de la famille Escadeillas. «Ce sont les noirs, les noirs du drapeau en berne sur le drapeau de l’espoir. toujours là ? Comme si rien ne s’était passé. Puis, à un moment où on ne s’y attend pas, la douleur frappe les âmes de ces gens, les âmes perdues de Martina.
Les débats ont repris en début d’après-midi avec les plaidoiries de la défense, Me Jean-Baptiste de Boyer-Montegut et Me Eric Mouton.
Verdict dans la soirée.