Aide militaire en Ukraine : l’effort contrasté des Occidentaux

Des soldats américains affectés à la 65e brigade d’artillerie de campagne du Koweït lors d’un exercice conjoint de tir de fusées à haute mobilité américaines et de fusées koweïtiennes BM-30 Smerch, le 8 janvier 2019. ABACA / ABACA

Kyiv le réclamait depuis des semaines. Dans une tribune du 31 mai publiée sur le New York Times, le président américain Joe Biden s’est engagé à fournir à l’Ukraine “des systèmes de missiles et de munitions plus avancés” que ceux livrés par l’Occident depuis le début de l’offensive russe le 24 février. Objectif : permettre aux troupes ukrainiennes de “viser plus précisément des cibles clés sur le champ de bataille”, alors que les forces de Moscou avancent sur le Donbass, où la ville de Sievierodonetsk pourrait tomber d’un jour à l’autre.

Selon une liste publiée mercredi par le Pentagone, les nouvelles armes livrées par les Américains comprennent les multiples lance-roquettes M142 Himars (High Mobility Artillery Rocket System). Montés sur roues, ce qui les rend très mobiles et peu vulnérables aux retours de flamme, ces engins peuvent tirer simultanément jusqu’à six missiles sur des cibles situées à environ 70 kilomètres. A titre de comparaison, les canons de 155 mm utilisés par les Ukrainiens, notamment les M777 américains ou les Caesar français, doivent se contenter d’une portée de 30 à 40 kilomètres.

À lire aussi : Guerre en Ukraine : quels sont ces lance-roquettes multiples M142 Himars que les États-Unis vont fournir à Kyiv ?

Surtout, la précision des missiles M30 et M31 que les États-Unis s’engagent à livrer avec leurs Himars est de quelques mètres, grâce au GPS ou aux radars inertiels embarqués. Une précision qui devrait permettre aux Ukrainiens de viser les lignes arrière des forces moscovites, notamment les dépôts de carburant, les centres de télécommunications ou les infrastructures de transport. “Beaucoup de bases d’approvisionnement de la Russie sont proches du front, à environ 80 kilomètres. Ces systèmes permettront d’orienter toute leur profondeur logistique moyenne vers le Donbass”, a déclaré Léo Péria-Peigné, chercheur au Centre d’études de sécurité de la Russie. l’Institut Français des Relations Internationales. Les Himar sont aussi beaucoup plus faciles et rapides à recharger que leurs homologues russes, un atout dans une bataille d’artillerie comme celle qui se déroule dans le Donbass.

Éviter tout risque d’escalade

Théoriquement, ces lance-roquettes multiples pourraient également permettre à l’Ukraine de viser le territoire russe lui-même, comme la ville de Belgorod, importante base logistique de l’ex-Armée rouge, située à environ 40 kilomètres de la frontière. Selon le Pentagone, Kyiv s’est engagé à ne pas le faire, pour éviter tout risque d’escalade. Par précaution, les Etats-Unis n’ont pas prévu de livrer à l’Ukraine des missiles MGM-140 ATACMS (Army Tactical Missile System), une arme balistique capable d’atteindre une cible à 300 kilomètres et qui peut être lancée avec un Himars.

Il vous reste 64,29% de cet article à lire. Ce qui suit est réservé aux abonnés.

Leave a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *