GUILLAUME SOUVANT via AFPJean-Michel Blanquer photographié à Ferrière-en-Gatinais le 22 mai en pleine campagne pour les législatives de 2022.
POLITIQUE – L’ancien ministre avait porté plainte suite à ce geste. Les deux professeurs qui ont reconnu avoir pulvérisé de la crème sur Jean-Michel Blanquer, en campagne pour les législatives de samedi à Montargis, ont déclaré lundi 6 juin à l’AFP qu’ils n’avaient pas prémédité leur acte et dénoncé sur Twitter une Education nationale en “chute libre”. . “.
Jean-Michel Blanquer faisait campagne sur un marché lorsqu’il a reçu de la chantilly pour le visage. Sur leur compte Twitter “ProfsChantillyonneurs” créé dimanche, Christophe et Olivier, deux professeurs de technologie et d’arts plastiques à l’Université REP, expliquent en détail leur geste dans une vidéo scolaire intitulée “Blanquer mousse-Montargis-Porte de Chantilly”.
“On allait au marché et c’est la saison des fraises”, a déclaré Christophe à l’AFP, qui dément toute tentative préméditée d’attaque contre le candidat Blanquer.
Enseignants pendant 20 ans, les deux hommes, âgés de 51 et 57 ans, accusés d’avoir usé de violence à l’encontre de l’ancien ministre, racontent dans leur vidéo les violences subies au quotidien au sein de l’établissement scolaire. “La violence, c’est 12% des élèves qui arrivent en 6ème et qui ne savent ni lire ni comprendre un texte. Combien sont sortis du système scolaire humiliés, méprisés et sans avenir ? », s’interrogent-ils.
“Un parachute pour les législatives à Montargis”
« La violence, ce sont des agressions physiques et des insultes au quotidien », c’est le manque d’adultes pour protéger nos enfants, les éduquer, les aider : pas assez d’infirmières, pas de psychologues, pas assez d’encadrants. La violence, c’est mépriser les enfants et les parents en embauchant des gens sans formation en 30 minutes », s’écrient-ils en chœur.
Point d’index “gelé depuis des années”, pouvoir d’achat “en berne”, “L’Education nationale est en chute libre mais M. Blanquer a son parachute pour les législatives à Montargis”, critiquent les professeurs, qui dénoncent aussi la candidature de l’ex- ministre à sa circonscription comme son dossier au ministère.
Après cette première vidéo, les deux hommes ajoutent qu’ils souhaitent détailler dans une future capsule “leurs conditions de détention et leurs 8 heures de garde à vue”.
Les cinquante-deux comparaîtront devant le tribunal de Montargis le 4 juillet à 9 heures pour une audience de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, ou plaider coupable. Ils devront répondre de “violences en réunion n’ayant pas entraîné d’incapacité totale de travail”, un crime passible de trois ans de prison.
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