Publié le : 06/04/2022 – 01:26
Depuis le 24 février, la marine française n’est plus présente en mer Noire, car la convention de Montreux, qui régit le détroit du Bosphore depuis près de 80 ans, permet à la Turquie d’en bloquer l’accès en cas de conflit. Pourtant, il observe de près les mouvements de cette étendue d’eau devenue presque exclusivement russe.
Après cent jours de guerre en Ukraine, les marins français tirent les premières leçons. Premier constat, du côté naval : Moscou, bien que les détroits soient fermés, continue de faire circuler ses sous-marins entre son port de Sébastopol et celui de Lattaquié, en Syrie. Ils appartiennent à la flotte de la mer Noire, affirment-ils, afin qu’ils puissent transiter et Ankara laisse faire.
Deuxième analyse, bien que l’Ukraine soit parvenue à couler le vaisseau amiral russe Moskva, la Flotte de la mer Noire, composée de 50 navires, dont quatre sous-marins d’attaque de classe Kilo, reste une menace, note la Marine française.
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Si la flotte russe ne semble pas en mesure de mener une opération amphibie à Odessa, elle en bloquera l’accès. Environ 100 mines ont été placées, dont cinq auraient été à la dérive. Et la marine russe, désormais solidement implantée sur Snake Island, contrôle le golfe d’Odessa, profitant du vide laissé par les autres marines et du fait que l’Ukraine ne dispose pas de navires de guerre.
Afin de permettre aux navires marchands d’exporter du grain ukrainien, il est donc obligatoire d’établir un corridor maritime non militarisé. Le faire sans l’accord des Russes semble risqué, disent de hauts responsables, qui précisent que dans cette mer Noire, devenue un lac russe, il est important de contrôler l’escalade de la violence.