Après un mois de mai record, la France se dirige vers un été plus chaud et plus sec que la normale

A Saint-Gilles (Gard), le 19 mai 2022. NICOLAS TUCAT / AFP

Il n’y a pas de trêve en vue. Après un printemps exceptionnellement chaud et un mois de mai record, la France peut désormais s’attendre à un été également plus chaud et plus sec que la normale. Le risque de sécheresse sévère et d’incendies de forêt est élevé. Cela ressort des résultats des trois derniers mois et des tendances saisonnières des trois prochains, présentés par Météo-France vendredi 3 juin.

Le mois de mai a été classé comme le plus chaud du pays, dépassant mai 2011 de plus de 1°C. “Il a atteint une température moyenne inédite de 17,8°C, ce qui est la valeur d’un mois chaud de juin”, a indiqué Jean-Michel Soubeyroux, directeur adjoint de la climatologie de Météo-France.

La France, en particulier, a connu un épisode de chaleur “exceptionnellement précoce, durable et intense” entre le 15 et le 22 mai. Sur les 135 stations de mesure du réseau principal de Météo-France, 25 records de température maximale ont été battus en mai, notamment dans le Massif central, l’Auvergne-Rhône-Alpes et la Corse. Le mercure a atteint 36,2°C à Ajaccio, 35,4°C à Albi, 32,4°C à Mende (Lozère) ou encore 32°C à Aurillac.

40 records sont tombés

Par ailleurs, un record de 40 températures minimales a chuté, de l’Aquitaine à l’est du pays, avec l’Ille-de-France et les Alts-de-France. Météo-France a enregistré 23,5°C à Nice, 20,7°C à Lyon et 20°C à Bordeaux, “des nuits tropicales en plein été”, précise Jean-Michel Soubeyroux. En moyenne, les températures ont pu être supérieures de plus de 10°C à la normale pour la saison (1981-2010), avec une anomalie maximale de +14,4°C le 22 mai au Mont Aigoual dans les Cévennes. Au total, le printemps a enregistré quarante-quatre jours consécutifs au-dessus de la normale, encore un record cette saison.

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Au-delà de la chaleur, le mois de mai a également été très sec. Avec un déficit pluviométrique moyen de 65% dans le pays, il dépasse mai 1989 et mai 2011 (qui ont enregistré un déficit de 55%). Les précipitations cumulées sont inférieures à 20 mm sur une grande partie du territoire (soit un déficit de 80 %), avec des minima à 5 mm, comme à Toulouse.

Le mois de mai a lourdement pesé sur le bilan de printemps. Mars, avril et mai sont les troisièmes sources les plus chaudes depuis 1900, derrière 2020 et 2011. “Les trois sources les plus chaudes sont arrivées dans la dernière décennie, signe du réchauffement climatique”, explique Jean-Michel Soubeyroux.

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