Assemblée nationale : changement de cap à la commission des finances après l’élection du “rebelle” Eric Coquerel

“Une confrontation, non, des débats, oui. Élu jeudi 30 juin à la présidence de la commission des finances de l’Assemblée nationale, le député (La France insoumise, LFI) Eric Coquerel devient le symbole de l’avancée de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) à l’hémicycle. contre la coalition gouvernementale, privée de majorité absolue depuis les législatives du 19 juin. Une position aussi prestigieuse que stratégique, à partir de laquelle ce proche de Jean-Luc Mélenchon entend modifier les pratiques de la commission, tout en peaufinant une image de respectabilité.

Eric Coquerel, député de La France insoumise, vient d’être élu président de la commission des finances de l’Assemblée nationale à Paris le 30 juin 2022. JULIEN MUGUET POUR “LE MONDE” Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Législatives 2022 : une inédit situation de l’Assemblée nationale sous la Ve République

« La commission des finances a un rôle dans l’élaboration des lois, mais surtout dans le contrôle du budget. J’utiliserai toutes mes prérogatives, qui me permettent non pas d’éliminer tel ou tel adversaire politique, mais de vérifier qu’on ne passe pas de l’optimisation à l’évasion fiscale », a déclaré jeudi après-midi le député de Seine-Saint-Denis. La possibilité désormais de demander la levée du secret fiscal pour un particulier ou une entreprise avait donné des sueurs froides à la majorité et à la droite ces derniers jours.

Même volontarisme sur l’agenda et les sujets abordés. “Depuis cinq ans, le gouvernement a souvent fait des choses décisives avec un coup de pouce pour l’Elysée. Je ferai en sorte que l’Assemblée ait le temps de légiférer, de débattre et de décider », explique M. Coquerel, qui entend peser sur le choix des sujets de commissions d’enquête, de missions ou de rapports divers. Ainsi, elle envisage d’inviter des syndicalistes ou d’élargir le spectre des personnalités interrogées, comme l’ancienne magistrate anticorruption Eva Joly. “Nous espérons avoir davantage accès aux ressources de la commission (administrateurs…) et être force de propositions”, abonde la députée socialiste Christine Pirès-Beaune.

Autre changement essentiel, selon M. Coquerel : modifier le mode d’application de l’article 40 de la Constitution, qui exclut surtout toute modification qui engendre une augmentation des dépenses budgétaires si elle n’est pas garantie par des recettes. « Je ferai en sorte d’avoir une vision plus généreuse des amendements », insiste M. Coquerel, qui regrette l’usage strict qui en a été fait lors de la précédente législature. Une résolution qui devrait être mise en œuvre rapidement puisqu’elle aura, à partir de la mi-juillet, pour tâche d’organiser les débats du projet de loi sur le pouvoir d’achat, sur lequel l’opposition peine déjà à faire approuver ses propositions.

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