Assesse : l’ancien premier conseiller au tribunal

Didier Want, ancien premier conseiller de l’Ecolo d’Assesse, démissionnaire en 2016, a comparu lundi devant le tribunal correctionnel de Namur pour répondre en prévention de harcèlement et d’injures à l’encontre de deux compagnons. L’accusé avait déjà été reconnu coupable d’avoir harcelé une ancienne ex en 2014. Dans le cadre des événements actuels, il a fait l’objet de deux mandats d’arrêt et a été incarcéré pendant plusieurs dizaines de jours pour ne pas avoir respecté les conditions de sa liberté.

Face aux faits, la victime a fait part de ses regrets. “J’ai perdu pied, j’étais dans une grande dépression. Mon comportement était inapproprié, je manquais de discernement. Je regrette d’avoir blessé tant de gens. J’ai perdu mes amis, la politique, le travail. J’ai perdu le pied, j’étais dans une grande dépression .

L’une des victimes, qui a déposé sept plaintes contre Didier Want, a déclaré : “Notre relation était chaotique. Quand je l’ai quitté, j’ai été harcelée par des SMS, des mails, des menaces. Il a envoyé des photos intimes à mon ex-mari et à mes parents. Il a également envoyé une fausse plainte à mon employeur, pour faire -je’ j’ai tort.

Le procureur, représenté par Régine Cornet, évoque un homme qui ne supporte pas la solitude, qui perd pied lorsqu’une rupture survient. “Il a reconnu avoir suivi l’une des victimes, passant devant sa maison tous les matins. Il a révélé aux parents de ces deux victimes qu’ils étaient des libertins, captures d’écran à l’appui. Vous avez créé de faux profils sur des sites pour accéder à vos photos. Avec ces deux femmes, il a répété les mêmes scénarios en 2016 et 2017.“Le parquet ne s’oppose pas au sursis à la condamnation, au vu du temps écoulé et de l’amendement de l’accusé depuis les derniers faits.

Me Wilmotte, l’avocat de Didier Want, demande la suspension du procès de son client, qui a depuis entamé un suivi psychologique. “Ce fut un épisode chaotique de sa vie, il a perdu pied. La relation qu’il entretenait avec l’une des victimes était particulière, dégradante. Il était profondément amoureux d’elle et a essayé de la contacter pour obtenir des réponses, pour savoir pourquoi il avait mis fin à cette relation du jour au lendemain. Il était dévasté par cette rupture, buvait parfois, prenait des médicaments, écrivait des choses dont il ne se souvenait pas. Elle ne supportait pas la solitude et souffrait depuis sa rupture avec la mère de ses enfants. J’étais dans un état dépressif profond. Et il s’est retrouvé accro dans une relation à connotations sexuelles particulières. Il a récupéré aujourd’hui. Son risque de récidive est quasi nul.

Me Rasquin réclame un euro de dommages et intérêts définitifs et évoque une scène dans laquelle Want a volé les sous-vêtements et vêtements de sa cliente pour les apporter à d’autres femmes. “Il était narcissique, rigide et fait maintenant semblant d’être une victime. Je voulais contacter mon client professionnellement et il m’a dit qu’il rendrait sa vie privée publique. L’intention de faire mal était là. Elle lui a envoyé jusqu’à 26 e-mails en une journée, suivis de 50 SMS le lendemain, la rabaissant et l’humiliant. Il a écrit une lettre anonyme à son employeur demandant son licenciement. Je voulais le détruire.”

Me Toussaint, avocat de la deuxième partie civile, évoque le chantage suicidaire qui a eu lieu après la rupture et le désir de blesser l’accusé, plutôt que le désir de trouver des réponses.

Le privé a pris le pas sur le politique

L’une des victimes était tellement épuisée qu’il rapporta dans le courrier les événements dont il était victime au maire de l’époque, Pierre Tasiaux, mais aussi au chef de file de l’opposition et à plusieurs compagnons de route de l’Ecolo de l’âge.

Le courrier n’était que la goutte qui a brisé le dos du chameau. La démission de l’édile avait déjà été demandée lors des premiers actes de harcèlement, en 2014.

Témoins de ceux qui ont connu Want en politique, il semble que ce dernier ne participe plus à son rôle. Les déclarations évoquent un politicien qui sonne sans arrêt sur son smartphone, arrive en retard, part plus tôt que prévu, manque des rendez-vous, oublie de traiter certains dossiers et dont la vie amoureuse semble précéder l’engagement politique.

Didier Want a porté plainte en diffamation contre sa victime. Pour le suppléant Cornet, qui ne s’oppose pas à la suspension de la peine, le tribunal devra trancher l’affaire. “Le courrier est limité. S’il n’y a pas de calomnie, c’est abusif.« Me Rasquin demande l’acquittement de son client : »Cette lettre était un appel à l’aide pour mettre fin à ce harcèlement.

Jugement du 27 juin.

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